Décès de Med Hondo, figure du cinéma africain




Le réalisateur français d’origine mauritanienne Med Hondo, auteur de plusieurs films et devenu en France une figure du monde du doublage, est mort samedi à 82 ans, a annoncé sa famille.


Né Mohamed Abib Hondo en 1936 en Mauritanie, le réalisateur est mort samedi 2 mars à Paris alors que se terminait tout juste le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), qui l’avait récompensé en 1987.

Arrivé en France à la fin des années 1950, Med Hondo a exercé de nombreux métiers (docker, cuisinier) avant de se lancer dans le cinéma avec, comme credo, l’anticolonialisme et le gout de la rébellion.

Son premier film « Soleil Ô », sorti en 1969, est « une attaque cinglante contre le colonialisme », selon le Festival de Cannes qui l’a présenté il y a deux ans dans sa section réservée aux reprises de classiques. Le film a bénéficié d’un programme de restauration via la World Film Foundation de Martin Scorsese, afin de défendre le cinéma africain.

Un projet inachevé sur Toussaint Louverture

Viendront ensuite « Les Bicots-nègres, vos voisins » (1973), « West Indies ou les nègres marrons de la liberté » (1979), une comédie musicale sur le traite des esclaves, et « Sarraounia », évocation de la reine du même nom, qui sera récompensé au Fespaco en 1987. Son dernier film « Fatima, l’Algérienne de Dakar » remonte au début des années 2000.

Il travaillait depuis des années à un projet de film sur Toussaint Louverture, grande figure de la révolution haïtienne, a souligné à l’AFP le journaliste Amobé Mévégué qui était un de ses proches. Ce projet était encore à un stade très préliminaire.

Med Hondo est aussi connu dans le monde du doublage et auprès du grand public comme la voix française d’acteurs afro-américains comme Eddie Murphy, Morgan Freeman, Richard Pryor. Parmi ses rôles marquants dans des films d’animation figurent aussi la voix de Rafiki dans le classique de Disney « Le roi lion », et l’âne de « Shrek » dans la saga à succès.

« Quand on double il faut regarder l’acteur dans les yeux », disait-il. Il estimait que le doublage « est un métier d’acteur ».

Med Hondo devrait être enterré au Maroc, a indiqué sa sœur Zahra.





jeuneafrique

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