Blanchisserie artisanale, une activité à la fois génératrice de revenus et destructrice de l’environnement



4 mars 2019 13:38

SOCIÉTÉ – La berge du fleuve Chari est prise d’assaut quotidiennement par une colonie de blanchisseurs communément appelés ‘’Khassali’’. Ces prestataires de service ambulants, originaires du Tchad et d’ailleurs, exercent leur activité sur les rives Chari en dépit de l’arrêté interdisant toutes activités sur cette zone.

De l’aurore au crépuscule, la berge du  fleuve Chari est envahie par des blanchisseurs venus de partout dont certains des pays limitrophes du Tchad et d’autres des quartiers riverains de la ville de N’Djamena, pour un seul but : faire la lessive de tout genre. Pour Certains blanchisseurs, cette activité est l’unique chance pour s’en sortir. L’un des blanchisseurs interrogé sur place affirme que c’est la seule activité qui lui a permis d’assurer la scolarité de ses progénitures.

Pratiques hygiéniques peu orthodoxes

Si cette activité constitue une source de revenus, ceux qui l’exercent se livrent à des pratiques hygiéniques contraires aux lois de la nature. Ces blanchisseurs utilisent une composition de produits qui peut s’avérer nuisible pour l’environnement. Selon Aboubacar, blanchisseur de nationalité nigérienne, l’utilisation de cette composition est économique : « nous utilisons une solution de savon composée du savon de linge, du natron et des détergents puisque c’est économique et elle élimine toutes les tâches possibles. »

Malgré cela, les clients apprécient la qualité de service qu’offrent les blanchisseurs. « Ces blanchisseurs offrent un service plus rapide et économique que les blanchisseries dites modernes », soutient un client.

Les produits utilisés par les blanchisseurs comme les savons contiennent de la soude et du natron qui peuvent facilement impacter l’écosystème fluvial dont le biotope apparaît très fragile et la biocénose est certainement aussi menacée de disparition. 

En 2012, par
un arrêté ministériel, les
autorités en charge de la sécurité
ont classé les rives du Chari dans la catégorie des ‘’zones rouges’’ dont tout l’espace
d’environ 3 km entre les deux
ponts qui relient N’Djamena au Sud
du Tchad est interdit de toute activité de pêche et de blanchisserie. Mais
le constat sur le terrain montre que cette
décision perd sa substance au détriment
de l’arnaque policière.

Les blanchisseurs exerçant
dans la ‘’zone rouge’’déplorent
l’arnaque dont ils font l’objet de la part des agents de sécurité qui prélèvent 500 FCFA par personne et par jour.





tchadinfos

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