« Il est clair que Fayulu a gagné, mais il y a un président qui est là, nous devons composer avec lui » (Mgr Ambongo)


Monseigneur Fridolin Ambongo, archevêque métropolitain de Kinshasa, insiste sur la notion de vérité des urnes, mais estime qu’il faut penser à l’avenir et composer avec l’actuel pouvoir.

« Il est clair que Monsieur Fayulu avait obtenu beaucoup de pourcentage, au-delà de 60. C’était un fait qui était établi. Comme il ne revenait pas à nous de proclamer les résultats, les instances compétentes on fait ce qu’elles ont fait. Cela n’enlève en rien la vérité des urnes, même si la notion de vérité des urnes dérange certaines personnes. La vérité est têtue », a-t-il déclaré sur RFI.

A l’issue de sa session ordinaire du 27 février au 2 mars 2019, le Comité permanent de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) avait noté qu’une grande partie du peuple « a ressenti une profonde frustration » face à la situation de « déni de vérité » étant donné que « les résultats de l’élection présidentielle tels que publiés par la CENI ne correspondent pas aux données collectées » par sa mission d’observation électorale à partir des bureaux de vote et de dépouillement. 

Monseigneur Fridolin Ambongo estime qu’aujourd’hui, il faut aller de l’avant.

« La réalité aujourd’hui, c’est qu’il y a quelqu’un qui est aux affaires et nous devons composer avec lui. Nous avons donné des messages en disant, même si les élections se sont passées de cette manière-là, ils peuvent transformer le mal en bien et se mettre au service du peuple. Nous avons recommandé aux nouveaux animateurs de rompre avec les vieilles pratiques qui ne mettaient pas le peuple au centre de leur action », a-t-il ajouté.

Il a également salué les premiers pas de l’actuel président de la République.

« Je dois dire la vérité, les premiers du Président Tshisekedi vont dans la bonne direction. Les mesures qu’il a prises vont dans la bonne direction. Le gouvernement n’est pas encore formé. Nous ne connaissons pas encore l’équilibre des forces entre les instances qui seront au parlement et au gouvernement », a-t-il constaté.

L’archevêque métropolitain de Kinshasa a aussi précisé le rôle de l’épiscopat.

« Le rôle du prophète, c’est de dire la vérité, même si tout le monde n’est pas disposé à entendre la vérité. Mais nous ne sommes pas des prophètes tournés vers le passé. Nous sommes tournés vers l’avenir, malgré ce qui s’est passé », a-t-il souligné.



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