Peu de dépositions reçues – IWACU


La situation se présente ainsi alors que la province de Rumonge a été très touchée surtout par les événements 1972. Des présumés bourreaux et victimes cohabitent sur certaines collines.

Dans son mot d’accueil au cours d’une réunion tenue par la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) à Rumonge, le 6 mars, Juvénal Bigirimana, gouverneur de la province a demandé au président de cette dernière de revenir à Rumonge pour recueillir d’autres dépositions. Selon lui, très peu de gens ont eu l’occasion de donner leurs dépositions. Il a indiqué que beaucoup de fosses communes n’ont pas encore été identifiées et beaucoup de gens sont prêts à faire des témoignages.

La population surtout les jeunes gens ont soif de connaître la vérité sur les différentes tragédies que le Burundi a connues, surtout sur les événements de 1972 qui ont trop touché la province de Rumonge.

Pierre Claver Ndayicariye, président de la CVR, entouré par deux autres commissaires Denise Sindokotse et Déo Ndikumana, a indiqué dans son mot d’ouverture de la réunion que l’objectif final de la mission de la CVR est d’avoir une même lecture de l’histoire afin d’aboutir à la réconciliation. Il a demandé aux participants de la réunion qui avaient représenté les différents secteurs socio professionnels, la société civile, les églises et les média d’être des ambassadeurs et de relayer le message afin d’inviter les gens qu’ils ont représentés à s’approcher de la CVR pour donner leurs dépositions, témoignages, contributions et suggestions afin d’aboutir à la réconciliation entre Burundais.

Les participants à cette réunion ont pris connaissance de la mission, du mandat, des prérogatives et du statut des commissaires. Ils sont revenus dans leurs interventions sur les aspects de la protection des témoins et des victimes, les aspects de réparation et de la réconciliation ainsi que des aspects de la phase d’enquête, des investigations et des audiences.

«  Un seul monument de la réconciliation et de la mémoire »

Les participants ont recommandé qu’un seul monument soit érigé au niveau national afin d’éviter la cacophonie qui s’observe aujourd’hui par rapport aux différents sites mémoriaux qui ne reflètent pas le consensus des Burundais dans leurs différences, mais qui réveillent plutôt les anciens démons. Ils ont recommandé à la CVR de faire une large consultation populaire pour un choix judicieux de ce site qui pourrait rassembler la majorité des Burundais.

Gaspard Kabondo, un septuagénaire qui participe à cette réunion, a indiqué que les braves hommes et femmes «  les piliers de la dignité et de la réconciliation »  qui se sont démarqués au cours des différentes crises pour protéger des gens d’ethnie différente ont été ignorés.
Il a fait un témoignage où il a affirmé que lors des événements de 1972, il a caché des personnes d’ethnie hutu et lors de la crise de 1993, un voisin hutu l’a caché et protégé sur la colline de Kizuka en commune de Rumonge.

Il a recommandé à la CVR de tirer ces personnes des oubliettes de l’histoire afin qu’elles puissent jouer le rôle d’avant-garde en convainquant ceux qui hésitent encore à faire des témoignages ou à donner des dépositions pour une écriture partagée de l’histoire du Burundi.



burundinews

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