Au coin du feu avec Ange Muyubira – IWACU


Dans le Burundi traditionnel, le soir, au coin du feu, la famille réunie discutait librement. Tout le monde avait droit à la parole et chacun laissait parler son cœur. C’était l’heure des grandes et des petites histoires. Des vérités subtiles ou crues. L’occasion pour les anciens d’enseigner, l’air de rien, la sagesse ancestrale. Mais au coin du feu, les jeunes s’interrogeaient, contestaient, car tout le monde avait droit à la parole. Désormais, toutes les semaines, Iwacu renoue avec la tradition et transmettra, sans filtre, la parole longue ou lapidaire reçue au coin du feu. Cette semaine, au coin du feu, Ange Muyubira.

Votre qualité principale ?

La Persévérance.

Votre défaut principal ?

La Procrastination. J’ai toujours tendance à remettre à demain ce que je peux faire aujourd’hui.

La qualité que vous aimez chez les autres ?

La gentillesse.

Le défaut que vous ne supportez pas chez les autres ?

Je déteste l’arrogance.

La femme que vous admirez le plus ?

Madame Caroline L. Scott. C’est une noire américaine avocate et professeure. Je l’ai rencontrée à l’âge de 21 ans à Londres à l’institut « Ministerial Leadership ». Elle était mon mentor. J’ai appris beaucoup d’elle. Plus tard à l’âge adulte, je me suis rendue compte que les valeurs que j’ai apprises d’elle étaient exactement celles de ma mère. C’était une femme très claire et concise. Très stricte mais gentille. Elle m’a beaucoup aidée à atteindre mon objectif.

L’homme que vous admirez le plus ?

Mon Papa.

Votre plus beau souvenir ?

Le jour où j’ai accepté Jésus comme mon seigneur et mon sauveur.

Votre plus triste souvenir ?

La mort de ma mère, en mars 1987.

Quel serait votre plus grand malheur ?

Mon plus grand malheur serait d’être séparé de mon Dieu. Prendre une route contraire à la volonté du seigneur.

Le plus haut fait de l’histoire burundaise ?

La lutte pour l’indépendance.

La plus belle date de l’histoire burundaise ?

Le 1er juillet 1962.

La plus terrible ?

Le 13 octobre 1962.

Le métier que vous auriez aimé faire ?

J’aurais adoré être avocate. Je ne supporte pas l’injustice.

Votre passe-temps préféré ?

J’aime beaucoup la solitude. Cela me permet de réfléchir.

Votre lieu préféré au Burundi ?

Le sommet des plantations de thé de Teza.

Le pays où vous aimeriez vivre ? Pourquoi ?

Le Burundi. C’est un pays concis. On peut faire le nord, le sud, l’est et l’ouest en une journée. Je suis séduite par son très beau climat. Tout est mangeable. Un peuple généralement serviable…

Le voyage que vous aimeriez faire ?

Les voyages de mes rêves… Je crois que je les ai déjà faits. J’aime beaucoup voyager. J’ai déjà visité 35 pays.

Votre rêve de bonheur ?

Avoir des Jumelles. J’ai déjà leurs noms.

Votre plat préféré ?

La salade au poulet.

Votre chanson préférée ?

La chanson religieuse « Sinogenda ntashimye…»

Quelle radio écoutez-vous ?

Je n’écoute pas de radio.

Avez-vous une devise ?

Faire aux autres ce que je voudrais que l’on me fasse.

Votre souvenir du 1er juin 1993 ?

« Never say never. » C’est une date qui a marqué un changement indéniable dans le pays.

Votre définition de l’indépendance ?

L’indépendance, c’est la liberté d’agir. L’absence de la peur. Une ferme assurance.

Votre définition de la démocratie ?

Pour moi, la démocratie c’est exprimer librement son opinion sans aucune influence.

Votre définition de la justice ?

La justice c’est le triomphe de la vérité, quel que soit le temps écoulé. 

Si vous étiez ministre de la Culture, quelles seraient vos deux premières mesures ?

Je ferais en sorte que chaque citoyen connaisse sa langue maternelle. Ensuite, je valoriserais le costume traditionnel « imvutano ».

Si vous étiez ministre de l’Economie, quelles seraient vos deux premières mesures ?  

Restructurer l’exportation. Je prioriserais le commerce direct entre les exportateurs et les clients sans toutefois que la vente soit assurée par une autorité de régulation. Aussi structurer, réglementer les investissements étrangers.

Croyez-vous à la bonté naturelle de l’homme ?

Absolument! Elle ne s’apprend pas. Elle est aussi innée comme l’agressivité d’un enfant de deux ans qui mord un autre sans raison et sans pour autant l’avoir appris quelque part. 

Pensez-vous à la mort ?

Oui. Quand je suis en désaccord avec une personne qui compte pour moi. Je ne voudrais pas mourir en lui en voulant et vice-versa. Alors je pardonne pour me libérer.

Si vous comparaissez devant Dieu, que lui direz-vous ?

Pas grand-chose. Dieu connaît tous mes secrets. Je lui dirai tout simplement que je suis reconnaissante de l’avoir connu à temps et qu’il ne m’a jamais abandonné.

Propos recueillis par Clarisse Shaka



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