Recrutement dans l’armée : Quelles sont les causes des décès ? | Africa Guinee


CONAKRY- Qu’est-ce qui pourrait expliquer les séries de décès enregistrés lors du concours de recrutement général au sein de l’armée ? Alors que les spéculations vont bon train, un spécialiste  de la médecine des sports a levé un coin du voile sur les causes de ces cas morts en cascade.

A l’espace de quelques jours, 8 personnes dont une femme ont perdu récemment la vie dans les préfectures de Kankan, Nzerekore, Siguiri  dans des exercices physiques exigés dans la phase de présélection pour le recrutement général dans l’armée.

 « Si des décès ont été enregistrés, c’est  parce que toutes les conditions n’ont pas été réunies  pour que ces personnes là courent.  On ne peut pas demander à quelqu’un de courir sans s’assurer de ces conditions physiques, et de l’excellence de sa santé. Es-ce que ce sont des diabétiques ?  C’est possible.  Est-ce que ce sont des hypertendus ?  C’est possible. Ces personnes peuvent souffrir d’une cardiopathie qu’on ne peut pas déceler aussitôt  à la vue sinon que  par des examens minutieux. Mais la plupart  du temps, avec le manque d’emploi, chacun voudrait être employé.  Dès qu’on vous dit qu’il y a une condition physique à faire pour intégrer l’armée, vous venez courir même si vous n’êtes pas bien portant. Et en tentant la chance, on peut laisser sa vie », a déclaré  Dr Marcel Léno interrogé par une journaliste d’Africaguinee.com.

Ce spécialiste de la médecine des sports dénonce les mauvaises conditions de préparation de ce concours de recrutement. Selon lui, l’Etat devrait impliquer des spécialistes de la médecine des sports  au niveau de la délivrance des certificats de visite et contre visite médicaux.

 «  Il fallait rendre tout le monde apte à courir. On dira que les gens ont présenté des certificats d’aptitudes c’est-à-dire les certificats de visite et contre visite.  Est-ce que les visites ont été effectuées exactement ? Sinon  je l’ai toujours dit, c’est la médecine des sports qui est habilitée à  donner des certificats d’aptitude à la pratique du sport.  On est dans un pays où il y a des lois et des règles à respecter.  Si n’importe quel médecin peut donner un certificat d’aptitude. Les conditions de la sélection restent à désirer », a dénoncé Dr Léno

Selon lui, le manque de préparation peut occasionner des complications graves qui entraînent la mort. Parmi les risques encourus, il y a selon lui, « les crampes,  la contracture des muscles, les arrêts cardiaques, l’hypoglycémie qui est la chute des  glycoses dans le sang et la suite c’est la mort», a expliqué Dr Léno. 

Comment éviter ces problèmes graves ?

«  Nous avons des préalables :   il y a un bilan sanguin à faire,  l’électro cardiogramme et  l’Eco-doppler  pour voir comment le cœur fonctionne. Mais puisque nous sommes trop  exigeants, les gens nous contournent.  Je suis en train de consulter  des gens pour le marathon 2019 organisé en Guinée.  On a rejeté beaucoup de personnes parce qu’elles ne peuvent pas courir, parce qu’elles sont hypertendues donc on  ne peut les faire courir.  Je pense que c’est ce qu’il fallait faire avec le recrutement général dans l’armée », indique-t-il, avant lancer un appel.

 « Si vous n’êtes pas aptes à pratiquer le sports, ne le faites pas surtout  quand on vous demande de courir 6 kilomètres pour les filles. J’ai appris à Coyah qu’on a demandé 12 kilomètres pour quelqu’un qui n’a jamais couru. Imaginez cela.  12 kilomètres c’est un semi-marathon. Il faut que pendant  la course vous ayez la possibilité de boire. Est-ce qu’il y a des points d’hydratation ? C’est-à-dire des points où vous pouvez boire de l’eau, de jus, de datte.  Avec la température qui fait là, on perd beaucoup de sucre. Il y a des gens qui ne déjeunent même pas.  Es-ce qu’il y a ces conditions-là qui sont respectés ? Je crois que non avec le nombre qu’on entend : 3 mille, 4 mille. Qui va s’occuper de cette gestion ? Les organisateurs devraient respecter un minimum de préalable en préparant les jeunes à affronter cette preuve. Ils devraient associer les spécialistes de santé pour tester qui doit courir ou pas »,  a lancé Dr Marcel Léno du Centre National de la Médecine de Sport. 

 Bah Aissatou

Pour Africaguinee.com

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