CYCLISME : Paris-Roubaix, le Coureur Rwandais Joseph Areruya a Presque Réussi son Pari


Joseph Areruruya,
coureur de l’équipe Delko-Marseille, qui a participé à sa première
course sur les pavés est devenu le premier coureur d’Afrique noire à
terminer la reine des classiques. Par David Charpentier

Joseph Areruya, le coureur rwandais Delko-Marseille Provence a participé à son premier Paris-Roubaix. AFP/François Lo Presti

Certes, Areruya a fini
hors délai mais se dit fier de son expérience. À 101 kilomètres de
l’arrivée on a craint que sa chute ne transforme son premier
Paris-Roubaix en véritable enfer. La sortie de route finalement sans
gravité n’a pas entamé la volonté de Joseph Areruya.

Lxe coureur rwandais
de la formation Delko-Marseille est parvenu à rallier le vélodrome de
Roubai sans encombre même s’il a franchi la ligne d’arrivée hors délai,
plus de quarante minutes après le vainqueur du jour, le Belge Philippe
Gilbert (Deuceninck-Quick-Step). Le visage marqué par la poussière et
l’air un peu hagard, le premier coureur d’Afrique noire à boucler la
reine des classiques serre la main de son directeur sportif avant de
goûter un peu de répit dans son bus.

« Je suis heureux
d’avoir fini. Je suis sûr que là-bas chez moi au Rwanda, on est fier de
ce que j’ai réalisé », savoure celui qui a été désigné cycliste africain
de l’année en 2018 et dont l’ambition est d’ouvrir la voie en Europe
aux coureurs de son continent. Il y a deux ans, pendant le tour du
Rwanda, le jeune homme s’attaquait au « Mur de Kigali » lui aussi pavé.
C’est dire la trajectoire épousée par ce cycliste âgé de 23 ans dont
tous les entraîneurs louent la résistance physique et la volonté.

C’est dur, très dur mais c’est notre métier »

Ce dimanche c’est un
autre monument qui l’attendait. Affirmer qu’il a avalé sans difficultés
La Trouée d’Arenberg et les autres secteurs pavés serait mentir. Mais la
pression inhérente à son statut de premier Africain sur les pavés du
Nord avait fini par le rattraper. « Je devais réussir pour toutes ces
raisons. J’étais heureux de devoir répondre à autant de médias. C’est
bon pour moi et pour mon avenir », admet le cycliste qui n’a pas oublié
de « remercier Dieu de l’avoir aidé à passer cette épreuve ».

Sa cote de popularité
déjà énorme dans la capitale Kigali où il avait droit à un défilé
triomphal après sa victoire dans le Tour de son pays ne risque donc pas
de retomber. Areruya dresse un bilan positif de son expérience nordiste
même s’il s’est frotté à ce qui se fait de mieux. « Il faut se battre
tout le temps pour avoir la meilleure place sur les pavés. C’est dur,
très dur même mais c’est notre métier. » Une réponse à son directeur
sportif Andy Flickinger qui avait expliqué avant le départ : « Pour être
un bon pro, il faut passer par ces courses difficiles ».

L’expérience ne semble pas l’avoir dissuadé de retenter sa chance sur les pavés l’an prochain. « Si l’équipe me demande de prendre part une nouvelle fois à Paris-Roubaix, je reviendrai c’est sûr. Je n’avais encore jamais participé à une course de cette dimension. Je veux continuer mon apprentissage », conclut le jeune homme, fils d’un ancien cycliste de bon niveau dans son pays. Avec dans l’idée d’imiter, pourquoi pas, son partenaire chez l’équipe de deuxième division Delko-Marseille, le Lituanien Siskevicius, arrivé hors délai en 2018 et classé neuvième cette année.

Par Rwanda-Podum

Posté le 16/04/2019 par rwandaises.com



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