Lambert Matha tente de désamorcer une grève contre le racket


Lambert Matha tente de désamorcer une grève contre le racket

Une scène familière des Librevillois © archives Gabonactu.com

Libreville, 2 mai (Gabonactu.com) – Le ministre gabonais de l’Intérieur, Lambert Noël Matha a annoncé qu’il recevra ce vendredi matin les syndicats du secteur transport pour tenter de désamorcer une grève des taximen qui veulent protester contre les rackets organisés à ciel ouvert par les policiers et gendarmes.

 

Un communiqué du ministère de l’Intérieur précise que la rencontre aura lieu dans les locaux du ministère en présence du commandant en chef des forces de police nationale.

 

A l’origine de la colère des transporteurs urbains, la multiplication, jour et nuit, des postes de contrôle quasiment sur toutes les lignes principales de la capitale et ses environs. Sifflet à la bouche, les policiers s’acharnent, sans vergogne, sur les transporteurs contraints quasiment, par force, à verser une espèce de pot de vin à chaque point de contrôle assimilable à un check-point. « 500 à 1 000 FCFA sont les tarifs les plus acceptés par les policiers contre 5 000 à 7 000 FCFA pour un gendarme », raconte un chauffeur de taxi-bus qui précise que « les gendarmes mangent en gros parce qu’ils n’ont pas souvent la chance d’être désignés par leur chef pour aller sur le terrain ».

Sur l’axe ancienne Gare routière – PK 12 il y a au minimum 7 postes de contrôle sans oublier les unités mobiles de la police et de la gendarmerie.

Ces nombreux contrôles ont provoqué une augmentation en sourdine des tarifs dans le transport en commun.

Inutile de parler des très nombreux contrôles pour se rendre à l’intérieur du pays ou vice versa. Les prix élevés des denrées alimentaires seraient aussi dû à ces points de « péage obligatoire ».

« Nous connaissons ce qui se passe entre les policiers et gendarmes et les transporteurs de banane, manioc et autres denrées alimentaires », avait avoué en 2018 la ministre Madeleine Berre à l’époque en charge du commerce.

Avant les élections générales d’octobre dernier, le ministère de l’Intérieur et celui de la Défense nationale qui gère la Gendarmerie avaient strictement interdit les contrôles dans la capitale. La peur avait véritablement changé de camp. Les policiers et gendarmes qui se risquaient à le faire postaient au préalable des éléments guetteurs qui avertissaient leurs camarades de l’arrivée d’un véhicule militaire. Le moindre passage d’un véhicule militaire était source de panique. Mais à beau chasser le naturel, il revient au galop dit l’adage.

Camille Boussoughou





gabonactu

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