Afrique de l’Ouest: L’inclusion financière s’est sensiblement améliorée dans l’UEMOA, selon la BCEAO


Dans l’UEMOA, l’inclusion financière s’est sensiblement améliorée au cours de ces dernières années, comme l’atteste les indicateurs d’accès, d’utilisation et d’accessibilité-prix.

Le constat est de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) qui l’a souligné dans un document daté du 13 mai 2019 et qui a été remis à la presse.

C’était lors de la signature de convention de financement entre la BCEAO et la Confédération Suisse dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie régionale d’inclusion financière dans l’UEMOA.

Un acte paraphé par Mme Marion Weichelt Krupski, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la Confédération Suisse auprès de la République du Sénégal et le Gouverneur de la BCEAO,  M. Tiemoko Meyliet Koné.

Concernant l’accès aux services financiers, la BCEAO fait savoir qu’entre 2007 et 2017, le taux global de pénétration démographique qui représente le nombre de points de services financiers pour 10 mille habitants, est passé de 0,9 à 35,9 points de service.

Avant d’ajouter que le taux global de pénétration géographique, pour sa part, mesure le nombre total de points de service financier sur une superficie de 1000 km.

Sur la même période, lit-on dans le document, il s’est établi à 70,6 points de service en 2017 contre 1,2 point dix ans plus tôt.

Au cours de cette période, relève la BCEAO, les années 2012 à 2014 ont été marquées par un essor fulgurant des services financiers numériques, avec le démarrage, en 2008, des activités de monnaie électronique.

Hausse de l’utilisation des services financiers

L’évaluation faite sur l’utilisation des services financiers montre que le Taux de bancarisation strict (Tbs) a progressé de 9,4 points de pourcentage, au cours de la décennie, passant de 7,5% en 2007 à 16,9% en 2017.

La BCEAO de renseigner que le TBS mesure le pourcentage de la population adulte détenant un compte dans les banques, les services postaux et les caisses nationales d’épargne et le trésor.

Elle explique également la hausse constatée sur le niveau de l’utilisation des services financiers par le Taux de bancarisation élargi (Tbe), qui inclut le taux de bancarisation strict auquel s’ajoute les détenteurs de comptes dans les institutions de microfinance.

Selon l’institut d’émission, ce critère a connu une évolution positive de 19,2 points de pourcentage, passant de 16,6% en 2007 à 35,8% en 2017.

Cette même dynamique est relevée sur le Taux global d’utilisation des services financiers (Tgusf) ou Taux d’inclusion financière, qui intègre les titulaires de comptes auprès des EME.

A en croire la BCEAO, il est ressorti de 55,0% en 2017 contre 16,6% dix ans plus tôt, affichant une évolution de 38,4 points de pourcentage.

Légère augmentation du loyer de l’argent

La BCEAO informe le taux d’intérêt débiteur, qui représente le coût du crédit, est passé de 5,3% en 2007 à 6,0% en 2017, relevant une légère hausse du loyer de l’argent.

Sur la même lancée, elle souligne que le taux d’intérêt créditeur, qui mesure le rendement de l’épargne, a connu, pour sa part, une hausse de 2,1 points de pourcentage, passant de 2,3% en 2007 à 4,4% en 2017.

A l’en croire, cet indicateur a ainsi favorisé l’accès des populations aux services financiers. Avant d’ajouter que l’analyse combinée de ces deux révélé, globalement, un assouplissement des conditions de banque dans l’Union.

Au parant, la Banque Centrale a rappelé que les coûts des services financiers sont mesurés dans l’Union par le taux d’intérêt des dépôts effectués au niveau des banques et le taux d’intérêt des crédits octroyés par ces derniers.

Des défis énormes, malgré les avancées

Après cet état des lieux sur l’inclusion financière, la Banque Centrale reconnait que les défis subsistent malgré les avancées enregistrées en matière d’accès aux services financiers.

C’est dans cet ordre d’idées qu’elle a évoqué la nécessité d’accorder un accent particulier à l’adaptation continue du cadre réglementaire.

A cela, la BCEAO y ajoute l’assainissement et la consolidation du secteur de la microfinance, l’extension du réseau de distribution et de paiement via téléphonie mobile.

Sans oublier, la diversification des produits financiers offerts par les banques, les Systèmes financiers décentralisés (Sfd), les sociétés d’assurance et les services postaux ainsi que l’implication du secteur public dans le développement des services financiers mobiles.

Des défis que la Banque Centrale compte relever à travers la mise en œuvre du document-cadre de politique et de Stratégie régionale d’inclusion financière de l’UEMOA que le Conseil des ministres de l’Union avait adopté le 24 juin 2016.

Une vision assortie d’un budget de 30 milliards de F Cfa, dont 2,27 milliards de F Cfa au titre de la contribution financière de la BCEAO, ainsi qu’un plan d’action structuré autour de cinq axes stratégiques dont la promotion d’un cadre légal, réglementaire et une supervisions efficaces.

Il est également recommandé d’assainir et renforcer le secteur de la microfinance, de promouvoir les innovations favorables à l’inclusion financière des populations exclues (jeunes, femmes, PME, populations rurales et à faible éducation financière, etc).

A cela s’ajoute le renforcement de l’éducation financière et la protection du client de services financières et la mise en place d’un cadre fiscal et des politiques favorables à l’inclusion financière.

D’ailleurs, la question a été au cœur des discussions lors de la semaine de l’inclusion financière qui s’était tenue du 26 novembre au 1er décembre 2018 dans les huit pays de l’UMOA.

Une opportunité que le président du Conseil des ministres, par ailleurs, ministre de l’Economie et des Finances du Bénin, M. Romuald Wadagni, avait saisi pour appeler les États membres de l’union à se doter de stratégies nationales pour l’inclusion financière.

Dans cette même veine, le gouverneur de la BCEAO, M. Koné, faisait savoir que l’inclusion financière  en plus d’être un catalyseur de la croissance économique, constitue un puissant vecteur de développement, en ce qu’elle facilite la participation des couches sociales les moins nanties à la création de richesse.



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