François Petitjean : «  L’IA serait une réponse positive aux instabilités en Afrique »


L’intelligence artificielle est un concept novateur qui suscite de vifs débats au sein de la société française mais aussi africaine. Afrik.com est allé à la rencontre de l’écrivain François Petitjean dont le livre Sine Capita qui évoque l’IA est sorti fin septembre. Rencontre

Issu de la génération des baby-boomers, François Petitjean est né en France avant de faire une partie de son enfance au Sénégal. Un peu plus âgé, il vit en Allemagne avant de retourner dans l’hexagone pour terminer ses études en économie et démarrer une carrière dans la publicité, les médias, la création et le marketing. Polyvalent, François a dirigé des équipes, des sociétés dans le domaine de la communication, avant de lancer dans l’écriture pour apporter sa vision du monde. L’attachement aux idées nouvelles, aux comportements de progrès, mais aussi aux cultures qui nous ont construites sont les fondements de son équilibre intellectuel et social.

Avant d’évoquer votre ouvrage Sine Capita, parlez nous de vos précédents ouvrages ?

J’ai commencé l’écriture en juin 2017 avec un essai sur la publicité, les Médias et la Création intitulé Adworld. Cette année-là j’ai  aussi écrit  en novembre Toxic  qui est aussi un essai sur les médias et l’opinion durant la période pré-électorale de la Présidentielle 2017.

Qu’est ce que l’intelligence artificielle pour vous ?

L’intelligence artificielle (IA) est la possibilité donnée à un objet d’en reconnaître un autre et d’interagir avec lui, pour faire des choix, et remplir une mission au mieux de la performance, sans intervention humaine. L’IA c’est donc la combinaison de la communication et de l’action, appliquée aux objets, impliquant des décisions, extérieures à nous. Aujourd’hui, ce terme est employé à tort, le plus souvent pour décrire des systèmes automatiques, téléguidés par l’homme, et très performants.

Pourquoi avoir écrit Sine Capita ?

Sine Capita signifie sans tête en latin. Je voulais décrire notre passé, notre présent, et l’idée de notre futur technologique en démontrant l’absence de gouvernance de la technologie, et donc les risques pris dans ce domaine. Ce n’est pas un livre pessimiste, mais une réflexion truffée d’exemples dans les domaines de la communication, de la politique ou de la stratégie militaire pour sensibiliser le lecteur à l’équilibre qu’il faudra trouver entre la fascination qu’engendre le progrès numérique et son utilité réelle pour tous. Le livre balaie comme une histoire ou un roman, la naissance des connections, l’adaptation lente des débuts, l’accélération des technologies web jusqu’à l’explosion de la bulle financière de début de siècle, la reconstruction puis la voie vers l’IA, où nous sommes aujourd’hui.

Vous avez vécu au Sénégal durant votre enfance, quel regard avez-vous aujourd’hui sur le pays (société, économie, politique, IA) et sur le continent africain ?

Pour le Sénégal, j’ai un regard nostalgique de souvenirs d’enfance merveilleux, de couleurs extraordinaires (les vêtements des femmes du marché de Dakar était un régal visuel ), et des amis-enfants de l’époque qui me restent en mémoire avec beaucoup de rires, de soleil et de mer. Cela peut paraître un peu carte postale, mais ce pays est magnifique, et pour un enfant, d’une magie inoubliable!

J’ai parcouru un peu l’Afrique plus tard pour mon travail, l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, mais de manière brève, et bien sûr en tant qu’adulte. J’y ai retrouvé la splendeur naturelle inégalable, l’accueil des gens, les progrès aussi accompli et les difficultés encore présentes.

Mon point de vue là-dessus est que s’il y a une région du monde à laquelle l’IA peut apporter des réponses de progrès social, économique, écologique, et plus généralement d’amélioration de la vie, c’est bien le continent africain. Cette région est multiple, autant que de pays qui la compose, mais souffre de ses gouvernants trop opposés, ou trop riches, de ses guerres ethniques ou politiques, et des lieux d’activation du terrorisme. L’IA ou simplement l’augmentation de compétences par l’aide technologique aux populations, aux étudiants et chercheurs africains, mais aussi aux gouvernants serait une réponse positive aux instabilités. De grandes réussites ont émaillé l’histoire du continent africain. Des gens comme Magatte Wade (AWBB), ou Jason Njoku (Netflix Afrique),Michael Macharia (Seven Seas Technologies) et bien d’autres qui contribuent de manière puissante à la modernité africaine sont des exemples bien au-delà des frontières.

Je suis personnellement convaincu de la puissance et du talent des chercheurs et entrepreneurs africains dans le domaine de l’IA, et plus globalement dans l’accès aux technologies pour tous, dans un avenir à très court terme.

Qu’est ce que Sine Capita va apporter au continent africain ?

Ce livre n’a pas de pays. L’IA n’a pas de frontière ni d’origine géographique, c’est une dimension universelle dans sa vocation. L’Afrique est une terre de découvertes et de contrastes, où des femmes et des hommes sont investis dans le progrès technologique. L’une des applications les plus puissantes de l’IA est l’écologie (j’en parle dans mon livre), l’aide agricole, et la sauvegarde des espèces. Le continent africain est la région du monde la plus au cœur de ce sujet, plus que l’Amérique latine ou l’Asie, car les richesses naturelles sont à portée de main, mais aussi en danger, et il y a urgence. Pour y avoir vécu, je suis un des premiers soutiens de la protection naturelle de l’Afrique, et l’IA est un vecteur puissant, associée aux industriels pour faire avancer le sujet.

Alors j’espère que de nombreuses personnes influentes de ce continent liront ce livre, il est direct et simple, et je l’ai fait pour éclaircir la réflexion, se souvenir de l’histoire technologique et imaginer son futur. J’espère toucher les jeunes aussi. (Je viens de faire une conférence à l’Ecole Supérieur du Digital, les jeunes ont bien aimé !).

 

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