Des vendeurs de chaussures en crise de leadership – IWACU


Les membres de l’association des vendeurs des chaussures de seconde main, ACCU, sont depuis juillet 2017 divisés. Ils ne s’entendent pas sur la tenue des élections de leurs représentants. Plus d’une vingtaine parmi eux se sont confiés, ce mercredi 22 mai, au ministère de l’Intérieur.

Ils se disent outrés. Entre autres plaintes, ils dénoncent des ‘‘magouilles et détournements’’ orchestrés par Abraham Cimpaye, le président de leur association.

Rassemblés près du marché dit ‘‘ Chez Sion’’, dans l’avant-midi de ce mercredi 22 mai, ils ont une mine renfrognée. Jean Claude Nindorera, l’un d’eux, ne cache pas sa colère…

Tout commence en 2017. Lors de différentes réunions, les membres n’ont pas droit aux questions sur la santé financière de leur association. «Les plus téméraires étaient sans cesse menacés».
Les récalcitrants seront vite avertis qu’ils vont être chassés de l’association. Dans l’entretemps, ils doivent continuer à verser chaque jour, dans l’ensemble, au moins 400 mille BIF au compte de l’ACCU.

La colère ira vite. Ils se confient au ministère de l’Intérieur. Le département chargé des ASBL organise plusieurs séances de médiation entre la partie lésée et le président. Mais celui-ci brille par son absence.

En conséquence, une décision tombe. Dans une note, le ministère de l’Intérieur ordonne la tenue des élections pour de nouveaux organes. Dans la même note, il fait savoir à Cimpaye qu’il ne le reconnaît pas comme représentant d’ACCU.

Les élections, sous la supervision des délégués du ministère, se soldent par la victoire de J.C. Nindorera, le 17 juillet 2017. Le ministre prend acte. Mais Cimpaye refuse de remettre le tablier.
En contre-offensive, il écrit plutôt au président de la République, au ministère de la Bonne gouvernance et au maire de la ville de Bujumbura. Il dénonce une injustice, des irrégularités dans le processus de son remplacement.

La suite ne lui sera pas du tout favorable. La ministre de la Bonne Gouvernance lui demande d’appliquer la décision du ministère de l’Intérieur. Echec de sa part, mais il ne capitule pas.
Alors, désemparée, tour à tour depuis début 2018, la partie lésée intente une action en justice, dans le parquet de Ntahangwa, retourne au ministère de l’Intérieur. En vain. La mesure d’application des résultats de l’élection de 2017 se fait toujours attendre.

Espoir et désespoir

En janvier 2019 néanmoins, sur demande du ministre de l’Intérieur, le maire ordonne la remise et la reprise, endéans 15 jours, à la présidence de l’ACCU. La partie lésée se sent alors soulagée.
Ils vont vite déchanter. Comme pour calmer la situation, Abraham Cimpaye feint de démissionner. Une démission qui, pratiquement, n’aura jamais lieu.

Le président de l’ACCU rejette les accusations de ces commerçants

«Et dernièrement, début mai, le ministre de l’Intérieur nous a instruit la tenue de nouvelles élections, les premières ayant été contestées par l’une des parties», conclut Nindorera, ajoutant être prêts pour des élections, à condition qu’elles soient inclusives. «L’urgence, c’est se doter des organes élus. Question gestion des biens de l’association, nous pourrons saisir les instances habilitées».

Le président de l’ACCU organise des élections pour ce vendredi 24 mai. Mais ces commerçants s’indignent contre les modalités de cette organisation. « Le président n’invite que ceux qui lui sont proches. Et parmi les invitations, il y a même des noms fictifs».

Sur un total de 39 membres, 28 membres ont transmis, ce mercredi, une correspondance au ministre de l’Intérieur pour lui demander l’annulation de ces élections.

Le président de l’ACCU, réagissant à ces plaintes, ne mâche pas ses mots. «Il y a peut-être des individus non membres de l’association qui veulent se prévaloir membres. Sinon, les élections sont en train d’être bien préparées, tout le monde y est convié».

Avant d’ajouter: « S’ils en sont vraiment membres, ils peuvent être tranquilles. La distribution des invitations reste toujours en cours». A la question de la gestion des finances de l’association, Abraham Cimpaye est plutôt très laconique: «La justice a déjà tranché, c’est une affaire close. Il ne reste plus qu’un problème d’ordre administratif».

L’association des vendeurs de chaussures usagées, ACCU, existe depuis 2014. Elle a été créée par des commerçants du marché de Jabe, en mairie de Bujumbura. Pour la plupart, ces derniers ont migré vers Bujumbura City Market, marché dit ‘‘ chez Sion’’, en 2016, avec la réhabilitation de leur marché.



burundinews

A lire aussi

Laisser un commentaire