Rwanda : Callixte Nsabimana plaide coupable et évoque des contacts avec le Burundi et l’Ouganda


Callixte Nsabimana, deuxième vice-président du Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), groupe rebelle en exil de Paul Rusesabagina et porte-parole de sa branche armée, les Forces nationales de libération (FNL), a plaidé coupable jeudi des seize chefs d’accusation qui lui sont reprochés. La justice rwandaise doit statuer le 28 mai sur sa libération provisoire.

Présenté à la presse vendredi 17 mai et toujours en détention au Rwanda Investigation Bureau, Callixte Nsabimana, qui se fait appeler « Sankara »,
a été convoqué jeudi devant la justice rwandaise. Il est notamment
accusé de formation d’un groupe armé irrégulier, complicité d’actes
terroristes, prise d’otages, négationnisme du génocide, incendie
criminel et vol à main armée. Nsabimana qui affirmait mener des attaques dans le sud du Rwanda et contrôler une partie de la forêt de Nyungwe, a plaidé coupable des seize chefs d’accusation qui pèsent sur lui.

« Les preuves dont dispose la justice à ce stade, c’est à
dire des communiqués signés de sa main revendiquant ces attaques ainsi
que des vidéos Youtube, sont assez lourdes et explique qu’il plaide
coupable », détaille Me Moïse Nkundabarashi, l’avocat de Nsabimana. La
justice dispose également de téléphones appartenant au porte-parole des
FNL. « Je veux déclarer que mon travail avec le FLN est fini et que tout
ce qu’ils font à partir de maintenant est leur problème et non le
mien », a expliqué Nsabimana lors de l’audience avant de présenter ses
excuses au peuple rwandais.

Plusieurs médias avaient rapporté mi-avril son arrestation, alors
qu’il était recherché depuis plusieurs mois par les autorités rwandaises
et visé depuis le début de l’année par un mandat d’arrêt suite à
l’attaque d’un bus dans le sud du pays qui avait fait deux morts en
décembre.

Deux semaines plus tard, le 30 avril, le Rwanda Investigation Bureau
avait confirmé sa détention, sans donner plus de détail sur les
circonstances de son arrestation qui restent floues, aujourd’hui encore.
Plusieurs journaux ougandais ont avancé la thèse, non confirmée par les
autorités rwandaises, d’une arrestation aux Comores.

Contacts en Ouganda et au Burundi

Lors de l’audience, le porte-parole des FNL a évoqué avoir eu des
contacts avec des membres des services de renseignement burundais et
ougandais. Il a notamment expliqué qu’un certain Major Bertin, officier
du renseignement extérieur au Burundi l’avait aidé à organiser une
rencontre avec le chef du renseignement militaire ougandais (CMI), le
brigadier Abel Kandiho.

Des propos qui ne devraient pas manquer d’alimenter la polémique
entre Kampala et Kigali. Les autorités rwandaises accusent régulièrement
leurs homologues ougandais de fournir un soutien logistique à des
groupes rebelles rwandais dont le Rwanda National Congress. Ce que les
autorités ougandaises démentent, même si Yoweri Museveni a récemment
reconnu avoir déjà rencontré des membres du RNC. Contactées par Jeune Afrique,
les autorités burundaises n’ont pas répondu à nos sollicitations.
Bujumbura accuse régulièrement Kigali de servir de base arrière à des
mouvements hostiles au pouvoir de Pierre Nkurunziza.

Lui-même ancien membre du Rwanda National Congress (RNC), mouvement d’opposition en exil formé par l’ex-chef du renseignement rwandais Patrick Karegeya
– assassiné en 2013 à Johannesburg- et par l’ancien général rwandais
Kayumba Nyamwasa, lui aussi visé par un mandat d’arrêt, Nsabimana, était
entré en dissidence avec le RNC avant de rejoindre le Mouvement
rwandais pour le changement démocratique (MRCD), fondé en juillet 2017.

Le MRCD est né d’une convergence de différents mouvements rebelles dont le CNRD (Conseil national pour le renouveau et la démocratie) et le PDR-Ihumure (Parti pour la démocratie au Rwanda). Ce dernier était présidé par Paul Rusesabagina, héros contesté du film Hôtel Rwanda, également visé par un mandat d’arrêt pour son rôle au sein du MRCD.

Par Romain Gran

Posté le 25/05/2019 par rwandaises.com



rwandaactu

A lire aussi

Laisser un commentaire