Louis Gaston Mayila réitère son appel à la réconciliation nationale pour sauver le Gabon d’un eventuel chaos


L’opposant Louis Gaston Mayila © Gabonactu.com

Libreville, 12 juin (Gabonactu.com) –  L’opposant Louis Gaston Mayila a appelé, lors d’un plateau télévisé organisé à l’occasion du 10e anniversaire du décès du président Omar Bongo Ondimba, à la réconciliation nationale pour une sortie de la crise multisectorielle que connaît actuellement le Gabon.

« Je dors, je me lève, je ne vois pas une autre solution si nous ne repartons pas avec une autre virginité née de la réconciliation nationale », a affirmé M. Mayila. Cet opposant dit modéré demande à la nouvelle génération de gouvernants d’admettre ses déboires en matière de gestion de la chose publique. Selon lui, les nouveaux dirigeants s’enfoncent dans le gouffre de la boulimie.

« M’entendre interpeller par ces jeunes qui disent qu’on n’a pas fait que de bonnes choses, oui, moi le premier, je le reconnais : on n’a pas fait que de bonnes choses et on n’a pas fait que de mauvaises non plus », a-t-il reconnu avant d’ajouter :  « Pendant ce temps-là, on n’a causé du tort aux Gabonais, quand je dis on, ce n’est pas moi, mais j’étais dans l’équipe.»

Louis Gaston Mayila souhaite que les nouveaux gouvernants ne commettent pas les mêmes  erreurs que lui et les autres ont commises du temps où ils étaient aux affaires avec Omar Bongo Ondimba. « Aujourd’hui, nous voulons que vous réussissiez là où nous avons échoué. » Aussi, pour aider à panser les blessures causées au peuple gabonais par toutes les gouvernances, estime-t-il que seule la réconciliation nationale pourra être opérante.

De son point de vue, cette réconciliation commencerait par reconnaître qu’il à y eu ces morts en 2016 et bien avant. « Si nous le reconnaissons en tant que tel, ce ne serait plus les morts d’une seule famille, mais les morts de la République. A ce moment-là, il reviendra au gouvernement de faire des monuments où il y aura les noms de tous ces morts. Ensuite, comme le gouvernement sait le faire, il saura comment passer la main sur l’épaule de chaque famille».

Avocat de formation, M. Mayila propose la libération de tous les prisonniers politiques et le retour de tous les exilés politiques comme deuxième axe de la réconciliation nationale. Une loi d’amnistie devrait s’ensuivre, accompagnée de sérieuses garanties que tous ceux qui reviendront ne seront pas inquiétés. Il ajoute qu’après cette étape, il faudra une journée nationale du pardon comme il y en a eu en Afrique du Sud et au Rwanda.

Enfin, tous les acteurs de la vie politique devraient ensuite s’engager à travailler à une meilleure gouvernance, à respecter les choses intangibles dans un État républicain, comme  la séparation des pouvoirs, la forme républicaine de l’État. « Ce qu’il convient de faire au fond c’est que le pouvoir puisse changer de nature et non de main. Mon combat à moi c’est que le pouvoir change de nature, qu’il soit un pouvoir au service du peuple, un pouvoir orienté vers la satisfaction des besoins de tous, un pouvoir qui cesse d’avoir les ambitions de devenir plus riche que l’Etat », devait préciser l’opposant Mayila.

Avocat de formation, Louis Gaston Mayila a été au cabinet d’Omar Bongo avant d’entrer au gouvernement comme ministre de l’Education nationale. Il a organisé les premiers états généraux de l’éducation, en 1983. Il a également été président du Conseil économique et social avant de revenir au gouvernement. A la présidentielle anticipée de 2009, consécutive au décès d’Omar Bongo Ondimba, il a soutenu l’opposant Pierre Mamboundou. Depuis lors, il est dans l’opposition. En 2016, il a soutenu Jean Ping, avec qui il semble cependant avoir pris ses distances.

Eudes Rinaldy Leboukou





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