Le personnel de l’ANGTI rejette l’option du chômage technique


Le personnel de l’ANGTI boude l’idée du chômage technique proposée par  la direction générale pour sauver la boite confrontée à de tensions de trésorerie © Gabonreview

Libreville,12 juillet (Gabonactu.com)- Le personnel de l’Agence nationale des grands travaux d’infrastructures (ANGTI) a mis à exécution ce vendredi la menace, brandie la veille en assemblée générale, de reprendre son mouvement de grève si la direction générale persistait à mettre en œuvre la mesure de mise en congé technique d’environ la moitié des employés, a constaté un reporter de Gabonactu.com.

Jusqu’en milieu d’après-midi, le portail de l’agence était fermé. La devanture et la cour du bâtiment fourmillait de monde.

Selon nos informations, la grogne a commencé en matinée,lorsque le personnel a découvert que la direction générale avait établi la liste des 105 agents promis au chômage technique, à cause des difficultés financières.

Dans une note de service datée du 10 juillet 2019, le directeur général, Bogdan Sgarcitu, annonçait la décision et les mesures d’accompagnement prévues : le maintien de la prime de logement et le versement d’un pourcentage, non défini, du salaire de base. Les bas salaires se contenteront d’un forfait mensuel de 100 000 FCFA.

Les employés de l’ANGTI reprochent à la direction générale de faire d’eux les boucs émissaires dans la faillite de cette structure naguère pleine aux as. Ils rejettent toute responsabilité quant à l’accroissement exponentiel de la masse salariale et des autres charges.

Le personnel fait remarquer qu’il n’est en rien mêlé ni aux recrutements ni à la fixation des rémunérations, encore moins à la gestion quotidienne de l’ANGTI. Il estime que la réduction de la masse salariale aurait dû commencer par le sommet, tant les écarts entre les émoluments des dirigeants et les salaires des agents sont grands.

Les employés de l’ANGTI étaient entrés en grève début juin dernier pour revendiquer le paiement des salaires de mai 2019 et du 13e mois de l’année 2018. Ils exigeaient par ailleurs des explications convaincantes sur le non versement depuis plus d’un an des cotisations sociales à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et à la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS).

La grève avait été suspendu après le paiement des arriérés de sous. La suite devait dépendre des délais d’apurement de la colossale dette envers les deux organisme sociaux. Le 10 juillet avait même été retenu comme date butoir. C’est ce jour que la direction générale a annoncé la mesure de mise en chômage technique de la moitié des employés.

Après neuf ans d’une existence marquée par le faste, l’ANGTI, rattachée à la présidence de la République, connaît ses premières turbulences. Le congé technique proposé aux agents est censé durer trois mois, avec la possibilité d’être renouvelé « en fonction de l’évolution de la situation ».

La grève du personnel pourrait durer quinze jours.

Camille Boussoughou





gabonactu

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