A Lambaréné la carpe est toujours le menu principal (Reportage)


Lambaréné ville carrefour au centre du Gabon © Gabonactu.com

Décidemment, les habitants de Lambaréné ne boudent pas leur carpe. Malgré l’alerte et les mesures conservatoires dictées par le gouvernement, les populations de Lambaréné continuent à savourer goulûment ce poisson emblématique de la localité surtout durant cette période d’étiage.

La psychose provoquée par la mort massive et mystérieuse de la carpe dans les lacs et le fleuve Ogooué gagne la ville du Grand Blanc, Albert Schweitzer (prix Nobel de la paix en 1952). Au quartier Isaac, le coin qui chauffe dans la ville, tout le monde ne parle que de ça. La carpe toxique. Depuis mardi matin, les pêcheurs et les revendeurs sont dans la déprime. Le communiqué du gouvernement est tombé comme un coup de massue. « Il est désormais interdit de manger la carpe », entend-on dire un peu partout dans la petite ville habituellement tranquille.

Le communiqué du ministre de l’Agriculture, de la pêche et de l’alimentation, Biendi Maganga Moussavou est assez mal interprété. Alors que le ministre a demandé de ne pas manger les carpes trouvées mortes, la rumeur a rapidement mis dans la corbeille toutes les carpes y compris celles-ci qui ont été pêchées dans les conditions idéales.

Soupe populaire

La suspension de la pêche et la commercialisation de la carpe durant 15 jours a conforté cette rumeur.

Carpes braisées le 23 juillet 2019 au quartier Isaac ©  Gabonactu.com

Du coup, les lambarénéens sont comme traversés par un esprit de révolte. Quasiment tous à l’unissons ont décidé de défier l’autorité. Mardi, les commerçants ont préparé un bouillon de carpe dans une grosse marmite. Tous se sont mis ensembles pour manger ce bouillon.

« Si on nous interdit de manger la carpe, on doit aussi interdire de boire l’eau du robinet puisque la carpe provient de la même eau distribuée par la SEEG », a rétorqué une commerçante qui n’a pas pu vendre ses carpes fumées.

Visite surprise du ministre de la pêche

En début de soirée, deux groupes de jeunes ont sillonné Isaac avec la carpe fraiche à vendre dans des brouettes. Pas de clients même si tout le monde clame de n’avoir pas modifié sa consommation de carpe dont c’est la saison haute de capture à cause de l’étiage.

Le ministre Biendi Maganga Moussavou a effectué mardi une visite à Lambaréné et dans les lacs. Il s’est entretenu avec des pêcheurs à qui il a rappelé l’importance des mesures conservatoires. A ce jour, les causes des morts massives des carpes ne sont pas encore connues avec précisions. D’où ces mesures préventives à savoir : suspension pendant 15 jours de la pêche et la commercialisation de la carpe. Interdiction de consommer la carpe trouvée morte.

Des chercheurs procèdent actuellement au prélèvement des échantillons d’eau et de poissons morts pour déterminer les causes de ces morts.

Les premiers poissons morts ont été signalé le 9 juillet dernier. Le phénomène s’est accentué et inquiète tout le pays.  

Yves Laurent GOMA





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