Afrique de l’Ouest: Migration – Ouverture du premier centre d’accueil pour les victimes de traite au Niger


L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a annoncé, aujourd’hui, l’ouverture au Niger du premier centre d’accueil pour les victimes de traite.

« A la veille de la Journée mondiale de lutte contre la traite des personnes le 30 juillet, l’OIM et l’Agence nationale pour la lutte contre la traite des personnes (ANLTP) au Niger ont ouvert, la semaine dernière, le premier centre d’accueil pour les victimes de traite dans le pays, situé dans la région de Zinder », a indiqué l’organisation onusienne dans un communiqué.

Ce centre d’accueil a été construit dans le cadre du projet intitulé Renforcer les capacités à lutter contre la traite des personnes au Niger et avec le soutien du Bureau du Département d’Etat américain chargé de contrôler et de combattre la traite des personnes.

L’objectif de l’OIM est de renforcer la capacité des autorités nigériennes à lutter contre la traite des personnes. Le projet propose d’avoir recours à des abris pour victimes de traite, et de déployer une campagne au sein des communautés d’accueil impactées par les flux migratoires afin de sensibiliser à la traite d’êtres humains et à ses facteurs de risque.

Dans les centres, les victimes potentielles peuvent être identifiées correctement et recevoir la bonne aide médicale et psychosociale, ainsi qu’une assistance socioéconomique, administrative et juridique.

Pour mieux appuyer leur relèvement, les victimes de traite bénéficieront également d’une aide à la réintégration individuelle dans leurs pays ou communautés d’origine dans le cadre de l’Initiative conjointe UE-OIM pour la protection et la réintégration.

Entre 2016 et 2019, l’OIM a aidé 326 victimes de traite

« Carrefour migratoire majeur » en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, le Niger voit de nombreux migrants vulnérables transiter par le pays, notamment des victimes de traite avérées et potentielles. Entre 2016 et 2019, l’OIM indique avoir aidé 326 victimes de traite, dont la plupart étaient des mineurs (34%) provenant du Nigéria (49%), du Niger (24%) et du Bénin (14%).

« En outre, de nombreux ressortissants nigériens sont victimes de traite et d’exploitation, au Niger et à l’étranger », fait valoir l’OIM.

Lorsqu’ils décident d’entreprendre ce périple migratoire, « de nombreux migrants sont dupés par des passeurs sur leur destination finale et les perspectives financières qui les attendent ».

Hadiza, par exemple, s’est vue promettre par « l’amie d’une amie » un voyage gratuit vers l’Europe et un emploi dans un restaurant à son arrivée », se souvient Hadiza sur ces promesses non tenues.

« Une fois dans le pays de transit ou de destination, ces migrants se retrouvent souvent victimes de travail forcé et/ou d’exploitation sexuelle », a déclaré Eva Pons, chargée de la protection à l’OIM au Niger.

« Les migrants qui passent par des voies irrégulières sont plus vulnérables aux exactions pendant leur périple et deviennent les proies faciles des trafiquants », a-t-elle déploré.

Le Plan national d’action (NAP) prévoit de construire trois centres d’accueil différents pour les victimes de traite dans les régions de Zinder, d’Agadez et de Niamey. Après avoir équipé le centre, l’OIM l’a remis entre les mains du gouvernement mais continuera de soutenir le centre jusqu’en janvier 2020.



actuniger

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