[Édito] La colère noire de Toni Morrison


Par
François Soudan

François Soudan est directeur de la rédaction de Jeune Afrique.


Toni Morrison, à New York, le 27 février 2013. © Bebeto Matthews/AP/SIPA


Dans l’univers de ses ancêtres, l’immense Toni Morrison avait puisé son écriture minérale, la mémoire des mythes qu’importèrent jadis les navires négriers et tout ce qu’elle reconnut un jour devoir au « Monde s’effondre » de Chinua Achebe.


Bamako, Brazzaville, Niamey… Retour de ces trois capitales africaines où le hasard et la nécessité m’ont conduit entre juin et août – et puisque ce numéro double correspond pour une partie d’entre vous au temps des vacances, de la Tabaski et des retrouvailles – ce n’est pas au fond de l’encrier politique que ma plume s’imbibe, mais dans un vagabondage de couleurs, de chaleurs et de climats, pâle copie inspirée de Sony Labou Tansi, d’Amadou Hampâté Bâ et de Boubou Hama.

Entre Cancer et Capricorne, l’Afrique tropicale ne connaît ni l’été ni l’hiver mais le rythme des pluies et, en cette période de stress hydrique, la douleur de leur absence. Dans l’ordre des saisons vient d’abord le temps de la sécheresse suffocante et de la canicule incorruptible, lorsque le ciel rutile et que l’ombre brûle les poumons au point que l’on se dit qu’il faut être né dans ce magma de cire brûlante pour






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