La montée des tensions commerciales pèse lourdement sur l’économie mondiale


La montée des tensions commerciales pèse lourdement sur l’économie mondiale et explique en partie les récentes révisions à la baisse des prévisions de croissance pour 2019-2020, révèle mercredi une analyse du Fonds monétaire international (FMI).
« Face à une croissance molle et à une inflation inférieure aux objectifs, de nombreuses économies avancées et émergentes ont assoupli de manière appropriée leur politique monétaire, ce qui a toutefois suscité des inquiétudes quant à la politique dite du « chacun pour soi » et aux craintes d’une guerre des devises », peut-on lire dans cette analyse publiée sous forme de blog mercredi sur le site du FMI.
« L’assouplissement monétaire peut aider à stimuler la demande intérieure, ce qui profite à d’autres pays en augmentant la demande de leurs produits », relève le FMI, notant toutefois que « l’inquiétude, c’est que l’assouplissement monétaire affaiblit également le taux de change d’un pays, rend les exportations plus compétitives et réduit la demande d’importations d’autres pays à mesure qu’elles deviennent plus chères, un phénomène connu sous le nom de transfert des dépenses ».
« L’espace monétaire conventionnel étant limité pour certaines économies avancées, ce canal d’assouplissement monétaire a fait l’objet d’une attention considérable », indique-t-on.
« Mais il ne faut pas trop insister sur le fait qu’un assouplissement de la politique monétaire peut affaiblir suffisamment la monnaie d’un pays pour permettre une amélioration durable de sa balance commerciale grâce au changement de dépenses », préviennent les experts de l’institution de Bretton Woods.
Evoquant la guerre commerciale entre Washington et Pékin, rapporte la MAP, le FMI explique qu' »on pourrait penser que l’impact du renchérissement des droits de douane sur les importations en provenance de Chine serait compensé par le raffermissement du dollar, car à mesure que la devise américaine se raffermit, les produits chinois devraient devenir meilleur marché ».
« Mais en réalité, note-t-on, les importateurs et les consommateurs américains supportent le fardeau des droits de douane. La raison: le raffermissement de la devise américaine a eu jusqu’à présent un impact minimal sur les prix en dollars que les exportateurs chinois perçoivent en raison de la facturation en dollars.
« De plus, des droits de douane bilatéraux plus élevés ne réduiront probablement pas les déséquilibres commerciaux globaux, car ils détournent principalement les échanges commerciaux vers d’autres pays », avertissent les auteurs du blog.
Au lieu de cela, préviennent-ils, « ils risquent de nuire à la croissance nationale et mondiale en sapant la confiance et les investissements des entreprises et en perturbant les chaînes d’approvisionnement mondiales, tout en augmentant les coûts pour les producteurs et les consommateurs ».
« Les pays déficitaires et excédentaires doivent s’attaquer aux sources structurelles de déséquilibres macroéconomiques plutôt que d’adopter des mesures inefficaces, voire contre-productives, telles que les droits de douane », estime le FMI.
L’institution monétaire recommande ainsi aux pays déficitaires, comme les États-Unis et le Royaume-Uni, de réduire leurs déficits budgétaires sans sacrifier la croissance et renforcer la compétitivité de leurs industries d’exportation, proposant notamment d’investir davantage dans les compétences des travailleurs et encourager l’épargne des personnes âgées.



libe

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