Après le Niger, le Rwanda va accueillir des réfugiés africains bloqués en Libye


Migrants : exemplaire Rwanda !

Alors que la xénophobie bat en brèche l’idée d’une certaine hospitalité
sur le continent, le pays présidé par Paul Kagame envoie un signal
diamétralement opposé en accueillant 500 migrants bloqués en Libye.

Par Viviane Forson

Après la signature d’un accord mardi avec l’Union
africaine (UA) et le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR),
le Rwanda va devenir le second pays africain à accueillir
temporairement des réfugiés et demandeurs d’asile africains bloqués en
Libye.

Dès novembre 2017, le président rwandais, Paul Kagame, avait proposé d’accueillir des Africains bloqués en Libye, après le tollé international qu’avait provoqué le reportage de CNN montrant ce qui ressemblait à un marché d’esclaves.
C’est désormais chose faite : le Rwanda a signé mardi un accord avec
l’Union africaine (UA) et le Haut Commissariat de l’ONU pour les
réfugiés (HCR) afin d’accueillir temporairement des réfugiés et
demandeurs d’asile africains bloqués en Libye.

Début « dans quelques semaines »

« Nous recevrons un nombre initial de 500 (personnes) dans quelques
semaines », a déclaré Hope Tumukunde Gasatura, représentante permanente
du Rwanda à l’UA, lors d’une conférence de presse à Addis Abeba, aux
côtés de représentants de l’organisation panafricaine et du HCR.  Les
réfugiés et demandeurs d’asile seront accueillis dans des installations
qui ont déjà été utilisées par des réfugiés burundais fuyant la crise
dont leur pays est le théâtre depuis 2015, a-t-elle précisé.

Ce premier groupe est « composé principalement de personnes
originaires de la Corne de l’Afrique », ont précisé l’UA et l’ONU dans
un communiqué. Elles seront accueillies dans un centre de transit au
Rwanda avant d’être relocalisées dans des pays tiers ou, si elles le
souhaitent, retourner dans leur propre pays. Le gouvernement rwandais se
dit prêt à accueillir dans son centre de transit jusqu’à 30 000
Africains bloqués en Libye, mais uniquement par groupes de 500, afin
d’éviter que le pays ne soit débordé.

Mais ce n’est pas tout. Certains réfugiés « pourraient recevoir
l’autorisation de rester au Rwanda », a déclaré à la presse Germaine
Kamayirese, la ministre rwandaise chargée des mesures d’urgence, à
Kigali.

« Apprendre de l’expérience nigérienne »

Le Rwanda est le second pays africain à accepter d’accueillir des
migrants et demandeurs d’asile en provenance de Libye. Depuis fin 2017,
plus de 4 400 personnes ont pu être évacuées du pays par le HCR, en particulier au Niger, qui, à travers un mécanisme de transit d’urgence,
a accueilli près de 3 000 individus en attente d’un éventuel transfert
vers l’Europe et le Canada. Un dispositif qui fonctionne néanmoins
difficilement à cause de la surpopulation des centres et de la lenteur
du traitement des demandes d’asile.

Le Rwanda et le HCR ont « appris de l’expérience au Niger, et nous
avons amélioré la procédure », a soutenu Cosmas Chanda, représentant du
HCR auprès de l’UA, reconnaissant toutefois que « le processus sera très
long ».

42 000 réfugiés africains en Libye

La question des réfugiés retenus en Libye a une nouvelle fois pris de l’importance après la mort en juillet de 40 personnes, tuées par une frappe aérienne sur un centre de détention de migrants à Tajoura, dans la banlieue-est de Tripoli. Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, le pays est devenu un point de passage important pour les migrants originaires d’Afrique subsaharienne cherchant à rejoindre l’Europe.

L’ONU estime que 42 000 réfugiés africains se trouvent actuellement en Libye, a affirmé Cosmas Chanda. « Nous avons désespérément cherché des solutions pour ces gens (…), de moins en moins de pays à travers le monde sont prêts à accueillir des réfugiés », a-t-il dit. Désormais, l’UA espère donc que d’autres pays africains accepteront de fournir une aide similaire.

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Posté par rwandaises.com



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