Des habitants de Buterere remontés contre FXB – IWACU


Certains habitants de la zone Buterere en mairie de Bujumbura grognent. Ils dénoncent des « détournements de fonds » qui leur étaient destinés par des responsables locaux d’une ONG suisse. «Jalousie entre bénéficiaires », jugent ces derniers, rejetant en bloc les plaintes.

Ils se disent dans le désarroi. L’histoire remonte à 2014. L’ONG internationale François Xavier Bagnoud (FXB) identifie 100 familles démunies dans trois quartiers de la zone Buterere : Buterere II (A et B) et Kabusi. Elle entend leur assurer un appui nutritionnel pendant environ une année. En outre, FXB doit les encadrer durant trois ans pour qu’elles puissent lancer de petites activités génératrices de revenus(AGR).

Selon les témoignages de ces habitants, l’appui alimentaire par la distribution de vivres durera 8 mois. Gisèle Ndereyimana, représentante légale de FXB au Burundi, parle d’une étape qui prend 9 mois au maximum.

Pendant ce temps, l’encadrement aux AGR se poursuit. Il va aboutir à la proposition de projets par les bénéficiaires de la formation. «Nous leur avons conseillé de nous donner des projets qui ne demandent pas trop de moyens. Car il fallait juste de petites activités», explique Mme Ndereyimana.

Les bénéficiaires soumettent différents projets. «Moi, j’avais, entre autres projets, celui d’une pisciculture à hauteur de 70 millions de BIF», confie un vieil homme, très triste. «Un Blanc qui s’était dépêché sur les lieux nous avait promis tous les financements». D’autres présentent des projets modestes dont le financement oscille entre 200 et 300 mille BIF.

Les projets sont acheminés au siège local de l’ONG. Les habitants bénéficiaires attendent les financements avec impatience.

Le désenchantement

Ils vont vite déchanter. Selon leurs témoignages, en 2016, les représentants de FXB leur disent, lors d’une réunion, que les financements sont arrivés. «Jamais, nous n’avons donné une telle information », dément la représentante de FXB.

Les derniers espoirs sont douchés avec la remise, en trois tranches, d’un montant de 210 mille BIF pour chacun. Cette aide va susciter des suspicions. «Cela nous a montré que notre financement avait été débloqué par les représentants à l’international. Ils ne nous en ont donné qu’une petite part», accuse une vieille femme.

FXB les met en groupes de 10 personnes. Elle leur fait, pour chaque groupe, un champ de champignons. Dans le même temps, elle leur achète une machine décortiqueuse de riz. Les doutes iront crescendo. Ils estiment que tout est fait grâce à l’argent qui leur était destiné.

« L’enveloppe remise correspondait bel et bien au montant prévu. Chacun devait bénéficier de cette somme pour lancer une petite AGR. Sinon, certains de leurs projets étaient utopiques, spéculatifs », rétorque Gisèle Ndereyimana qui évoque un « problème d’ignorance ».

Quant au projet de la culture des champignons et la machine décortiqueuse, elle assure que c’était un financement à part.

Chez FXB, Iwacu a pu vérifier les budgets alloués à certains des projets, lesquels confirment les propos de la représentante légale de FXB au Burundi.

Une goutte qui fait déborder le vase

Après ces 100 familles de Buterere, l’ONG François Xavier Bagnoud a introduit, fin 2016, un autre projet pour un autre lot de démunis de Kiyange et Mutimbuzi. Une centaine de familles devait bénéficier de la même assistance que celles de Buterere. Néanmoins, en cours de projet, fin 2018, elle a construit des maisons en dur pour 33 des familles.

Les anciens bénéficiaires ne décolèrent pas, parlant d’un deux poids, deux mesures. Ils se sont confiés à l’un des représentants de cette organisation à l’international, alors en déplacement au Burundi. « Nous avions soumis des projets pour la construction de maisons, mais ils n’ont rien fait. Cela montre qu’ils ont détourné notre argent».

Ces habitants de Buterere demandent d’être rétablis dans leurs droits. La représentante légale de FXB au Burundi leur demande de ne pas confondre les choses. Certains des bénéficiaires du projet en cours ont été, début 2018, victimes des inondations. Leurs maisons se sont écroulées. «Nous avons alors lancé des alertes au niveau de nos bailleurs parce que leur situation s’empirait. » Et de déplorer que certains bénéficiaires aient refusé de travailler collectivement.



burundinews

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