Afrique de l’Ouest: Sommet extraordinaire de la CEDEAO – Ouattara attendu à Niamey ce vendredi


Les Chefs d’Etat et de gouvernement de la sous-région se retrouvent au Niger pour plancher sur la crise en Guinée-Bissau.

Le Président de la République, Alassane Ouattara, arrive à Niamey, ce vendredi 08 novembre 2019. Dans la capitale nigérienne, le numéro un ivoirien prendra part au sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) consacré à la situation politique en Guinée-Bissau.

Le Chef de l’Etat connaît bien ce dossier. Lorsqu’il était président en exercice de la Cedeao (2012-2014) il avait réussi à ramener la paix dans ce pays.

La Guinée-Bissau est, de nouveau, plongée dans une crise depuis la nomination, le mardi 29 octobre, d’un nouveau Premier ministre, Faustin Imbali, en remplacement d’Aristides Gomes.

Le jeudi 31 octobre, dans la foulée, le Président Mario Vaz a fait publier un décret portant nomination de 17 ministres et 14 secrétaires d’Etat.

Cette attitude du Chef de l’Etat bissau-guinéen a été fermement désavouée par la communauté internationale : la Cedeao, l’Onu, l’Union africaine, la Communauté des pays de langue portugaise (Cplp), l’Union européenne.

Ces institutions ont réaffirmé leur attachement au processus arrêté en juin par la Cedeao, chargeant le gouvernement démis le lundi 28 octobre de préparer la présidentielle du 24 novembre et de diriger les affaires du pays jusqu’à cette date.

En juin, à Abuja, au Nigeria, lors du sommet qui s’est tenu à Aso rock villa (Présidence du Nigeria), les Chefs d’Etat et de gouvernement de la sous-région avaient indiqué ce qui suit : « La Conférence se félicite du bon déroulement des élections législatives du 10 mars 2019, après plusieurs reports.

Elle prend note de l’évaluation de la situation faite par le comité ministériel de haut niveau, à l’issue de sa visite à Bissau, le 19 juin, dans le but de mettre fin à l’impasse politique après ces législatives.

La Conférence se félicite de la publication d’un décret par SEM. Jose Mario Vaz, Président de la République de Guinée-Bissau, fixant la date de l’élection présidentielle au 24 novembre 2019. Elle salue également la promulgation d’un décret présidentiel portant nomination de M. Aristides Gomez comme Premier ministre.

La Conférence appelle instamment à la mise en place d’un nouveau gouvernement, au plus tard, le 3 juillet 2019.

Au regard de la situation actuelle liée à l’expiration du mandat du Président de la République, le 23 juin 2019, et en l’absence d’un gouvernement et sur la base du consensus auquel sont parvenus les acteurs politiques, les décisions ci-après ont été prises : le Président procédera à la signature du décret de nomination du gouvernement avant le 3 juillet 2019, sur la base de la proposition faite par le Premier ministre.

Le gouvernement s’engagera notamment dans la préparation de l’élection présidentielle du 24 novembre 2019. Un nouveau procureur général sera nommé sur la base d’un consensus avant le 3 juillet 2019.

Le Président restera en fonction jusqu’à la prochaine élection présidentielle et la gestion des affaires gouvernementales sera entièrement conduite par le gouvernement nouvellement constitué, conformément à la Constitution de la Guinée-Bissau ».

Le Président Jose Mario Vaz semble ne plus s’inscrire dans ce processus qui l’a pourtant maintenu au pouvoir.

La Cedeao a dépêché, le 3 novembre, une délégation en Guinée-Bissau. Celle-ci, conduite par le ministre des Affaires étrangères du Niger, dont le Chef de l’Etat Mahamadou Issoufou assure la présidence de la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao, a rencontré les différentes parties.

Le ministre des Affaires étrangères du Niger, Kalla Ankourao, qui a mené cette délégation à Bissau, a réaffirmé très clairement la position de l’organisation ouest-africaine, à savoir : son soutien plein et entier au gouvernement de Aristides Gomes et le caractère « illégal » du décret présidentiel qui a démis ce gouvernement.

Le rendez-vous de Niamey sera-t-il celui des sanctions, surtout que le Président Vaz est déterminé à faire appliquer son décret de nomination d’un nouveau gouvernement ? Tout se saura aujourd’hui.



actuniger

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