AGENCE CI PME: Salimou Bamba « Nous stimulons la création d’emploi par les entrepreneurs et les PME pour une croissance inclusive »



A la tête de l’Agence Côte d’Ivoire PME depuis maintenant 2 ans, Salimou Bamba est issu des prestigieuses Universités de Sherbrooke (Québec) et Paris 1 Panthéon Sorbonne (France). Expert en Développement Economique et Pratique d’Affaires de Classe Mondiale accompagnant depuis plus de 19 ans les Organisations du secteur public et privé, l’actuel Directeur Général de l’Agence CI PME présente les missions et les acquis de sa structure.

Cela fait maintenant deux ans que l’Agence Côte d’Ivoire PME existe, présentez-nous cette Agence, dites-nous quelles en sont les missions.

L’Agence Côte d’Ivoire PME est née de la volonté du gouvernement ivoirien de doter la Côte d’Ivoire d’un organisme unique de soutien à la création et au développement des entreprises. Ainsi en 2014 lorsque le parlement ivoirien a voté une nouvelle loi portant réforme de la politique de l’Etat en faveur des PME, il a été décidé de la création d’un organisme unique qui allait fédérer tous les efforts de l’Etat. C’est ainsi qu’en décembre 2016, par décret, le Chef de l’Etat a opérationnalisé l’Agence Côte d’Ivoire PME. Cette agence a pour mission d’apporter un soutien, une expertise, aux entreprises ivoiriennes, principalement sur quatre (4) axes : le premier axe concerne la question de l’accès aux financements et aux marchés, le deuxième axe concerne le renforcement des capacités des acteurs, le troisième axe concerne l’environnement des affaires, et le quatrième axe, l’entrepreneuriat et l’innovation. Donc l’Agence Côte d’Ivoire PME est aujourd’hui l’Agence d’exécution du gouvernement ivoirien, en vue d’accompagner les entrepreneurs, les PME et l’écosystème entrepreneurial. Elle est sous la tutelle technique du Ministère de la Promotion des PME dirigé par M. Félix Miézan Anoblé. Depuis la création, la croissance de l’entreprise, et même lorsque l’entreprise rencontre des difficultés, l’Agence Côte d’Ivoire PME est appelée à développer des outils et instruments pour apporter tout le soutien aux entrepreneurs ivoiriens et aux PME existantes.

Quel est le bilan de ce que vous avez fait au bout de deux ans ?
Nous pouvons dire qu’aujourd’hui, les entrepreneurs ivoiriens disposent d’une maison, qui est la maison des PME, à savoir l’Agence Côte d’Ivoire PME. Sur les derniers mois, nous avons été capables d’opérationnaliser cette structure qui n’existait pas du tout. Il y a des ressources humaines et matérielles que nous avons pu mobiliser, bien sûr avec l’appui de l’Etat. L’Agence Côte d’Ivoire PME a pu aussi mettre en place trois instruments majeurs, qui apportent un soutien à l’écosystème entrepreneurial. Le premier instrument que nous avons développé est le guichet des services aux PME. C’est un espace physique dans lequel des porteurs de projets, des entreprises existantes, peuvent se rendre et pouvoir bénéficier de l’accompagnement, des informations sur les programmes gouvernementaux existants, mais également d’informations sur l’ensemble des instruments qui existent dans l’écosystème. Cette plateforme organise très fréquemment des formations, des masterclass, destinées aux entreprises ivoiriennes dans divers domaines. La plateforme est joignable à distance pour des entrepreneurs qui ne sont pas à Abidjan.
Le deuxième instrument, c’est ‘’Dream Factory’’, le premier incubateur public que le gouvernement ivoirien a mis en place et qui accompagne aujourd’hui les start-ups dans tout ce qui est création d’entreprises et accompagnement-conseil.
Le troisième instrument, c’est le centre d’intelligence des affaires sur les petites et moyennes entreprises (Pme). Nous savons tous que dans nos pays, l’accès aux données, l’accès aux informations, est très difficile. Donc aujourd’hui, par la mise en place de ce que nous appelons Pme BI (Centre d’intelligence des affaires sur les Pme), il est possible pour l’ensemble des acteurs de l’écosystème et des décideurs ivoiriens de pouvoir avoir accès à l’information stratégique. Le Pme BI travaille à mobiliser des statistiques et des données, à pouvoir donner une information qui soit fiable et qui permette de prendre des décisions éclairées. Ce troisième instrument existe aujourd’hui et nous continuons à le développer.
Ce sont des acquis que nous avons. Aujourd’hui, pour l’ensemble de nos interventions, nous procédons à des évaluations et nous pouvons affirmer que le taux de satisfaction est à au moins 77%. Au-delà de cela, ce sont plus deux mille (2.000) entreprises que nous avons accompagnées à ce jour au niveau de ‘’Dream Factory’’ et de nos différentes plateformes.
En termes de perspectives aujourd’hui, grâce à ce sérieux que nous avons démontré, l’Agence Côte d’Ivoire Pme s’apprête à recevoir de l’aide des bailleurs de fonds. Notamment de la Banque mondiale grâce à qui, à partir du mois de décembre, l’Agence Côte d’Ivoire Pme se déploie sur le terrain à Bouaké et à San Pedro. Avec la coopération allemande nous recevons un appui qui nous permettra également depuis le mois d’octobre d’être présent sur le terrain, et de pouvoir bonifier notre offre de service. Nous avons aussi d’autres projets en cours d’analyse avec d’autres bailleurs de fonds internationaux.

Parlant de moyens, vous avez dit tantôt que l’Agence recevra bientôt l’appui des bailleurs. Mais en attendant, quels moyens recevez-vous de la part du gouvernement ivoirien pour accompagner les Pme ?

L’apport de l’Etat, c’est d’avoir permis d’opérationnaliser l’Agence. Nous recevons des fonds publics qui nous ont permis d’acquérir des ressources humaines et matériels et qui permettent d’exécuter une partie de notre mission.
A ce jour, nous pouvons donc dire que nous bénéficions d’un solide soutien du gouvernement, et l’Agence Côte d’Ivoire Pme ne travaille pas seule. L’Agence travaille en parfaite intelligence avec d’autres acteurs du terrain. Notamment l’Agence Emploi Jeunes avec qui nous avons une convention et une très belle coopération. Maintenant que dans le cadre du Ps-gouv (Ndlr, Programme social du gouvernement) l’Agence emploi jeune va intensifier son action sur le terrain, l’Agence Côte d’Ivoire Pme sera un acteur, un partenaire de choix. Sur le terrain aussi, nous allons soutenir la réalisation des objectifs assignés à l’Agence Emploi jeunes, au travers de la convention que nous avons signée. Donc aujourd’hui, nous disons que nous bénéficions d’un soutien direct de l’Etat à travers le budget, mais également avec d’autres structures publiques, nous travaillons en parfaite collaboration en vue d’atteindre l’objectif le plus important qui est la création de l’emploi et l’inclusion économique et sociale de nos populations.

En parlant des piliers de l’Agence, vous avez évoqué l’entrepreneuriat comme le 4è pilier. Et l’entrepreneuriat, on en parle beaucoup aujourd’hui, mais quelle est la réalité en Côte d’Ivoire ?

Le plus important pour nous en tant que structure publique, c’est de contribuer à bâtir un écosystème. L’entrepreneuriat ne se limite pas à l’entrepreneur uniquement, comme on le pense. Dans l’écosystème entrepreneurial, ce sont les facteurs liés à l’environnement qui permettent l’éclosion de ce tissu entrepreneurial. Il y a l’entrepreneur, mais autour de lui, il y a les structures liées à la question du financement, de l’accompagnement de l’entrepreneur, au climat des affaires, etc. Le rôle de l’Agence Côte d’Ivoire Pme est de travailler à bonifier ou à aider l’entrepreneur lui-même à monter en puissance, avec son entreprise, mais également à faire en sorte qu’il y ait un certain dynamisme de cet écosystème, que les différents acteurs travaillent en parfaite intelligence, pour pouvoir soutenir la croissance des entrepreneurs. L’entrepreneuriat est la résultante de différents facteurs, dont la qualité des réseaux de relations entre les différents acteurs, la culture, etc. C’est ce qu’on appelle le capital social. Le rôle d’une structure comme l’Agence Côte d’Ivoire Pme, c’est d’accompagner l’entrepreneur à pouvoir passer au travers de certains éléments, tels les facteurs culturels qu’économiques, et lui apporter l’assistance nécessaire pour que demain, cet entrepreneur puisse créer une entreprise, que cette entreprise croisse, qu’elle puisse embaucher des ressources humaines, donc créer de l’emploi, et finalement créer de la richesse collective.

Quels sont les déterminants du dynamisme entrepreneurial dans un pays ?
Le premier élément important, c’est le contexte social, culturel, et politique. Dans ce contexte, il y a des conditions de base, qui peuvent être liées aux institutions du pays. Il y a aussi la paix, la stabilité qui sont des éléments importants, la question de la formation de base qu’on reçoit à l’école peut être un facteur important. Au-delà de ces conditions de base, vous avez ce qu’on appelle les facteurs d’accroissement de l’efficacité : suivant le parcours scolaire et universitaire d’un entrepreneur, on peut avoir différents résultats. Le marché du travail, suivant son degré d’efficacité ou pas, peut avoir un impact sur l’émergence de l’entrepreneur. Autre élément important, les disponibilités technologiques. Aujourd’hui, de nombreuses entreprises sont nourries à la source de la technologie. Donc, la création d’institutions de recherches dans le domaine de la technologie, l’accès à l’information, l’accès à l’internet sont des facteurs importants. La taille du marché aussi est un élément important. Quand vous êtes sur des marchés qui sont trop petits, comme le marché ivoirien qui fait aujourd’hui environ 25 millions de personnes, ce n’est pas toujours évident. Parce que la compétition étant rude, il faut pouvoir aller au-delà des marchés qui existent. Parce que lorsque les marchés sont trop petits, cela peut être un facteur limitant. Au-delà des conditions de base et des facteurs d’accroissement de l’efficacité, il y a également des facteurs qui sont liés à l’innovation, à la politique entrepreneuriale. Au-delà de ce contexte socio-culturel et politique, vous avez le profil entrepreneurial qui est relatif à des traits de personnalité. En effet des traits de caractère peuvent être facteurs de soutien à l’entrepreneuriat ou peuvent le limiter… Pour finir, c’est la combinaison de tous ces facteurs qui va donner un certain dynamisme à l’écosystème entrepreneurial. Le rôle de l’Agence Côte d’Ivoire Pme, c’est de contribuer à bâtir l’ensemble des facteurs qui vont soutenir l’entrepreneur.

L’inadéquation entre formation et emploi n’est-elle pas un facteur qui ‘’handicape’’ l’entrepreneuriat des jeunes ?

Vous avez raison. L’école est un espace qui permet de déterminer la carrière future du jeune entrepreneur. L’Etat ivoirien en est conscient. Désormais, il existe une direction qui promeut l’entrepreneuriat au sein du ministère de l’Education nationale. Au niveau de la formation professionnelle aussi, l’Etat travaille à adapter les programmes de sorte que des notions comme l’entrepreneuriat apparaissent de plus en plus dans le curriculum des parcours académiques. Au niveau de structures publiques, telles que l’Agence emploi jeunes, il y a des mesures qui sont destinées à la formation et à l’employabilité. Mais parallèlement à cela, l’Etat développe ce que nous appelons des outils pour l’auto-emploi. Il y a des mesures qui sont prises pour que des personnes puissent être formées et puissent devenir des entrepreneurs. Donc, au niveau de la formation, beaucoup d’initiatives sont en cours, et lorsqu’on parle d’entrepreneuriat, il ne s’agit pas seulement de ceux qui sont en dehors du système scolaire. L’entrepreneuriat commence depuis les bancs, en inculquant certaines valeurs, en faisant des formations ou en installant des clubs école-entreprise au sein des établissements, en entraînant les enfants très jeunes à prendre des initiatives. Car nous restons convaincus que si nous voulons avoir des entrepreneurs en Côte d’Ivoire, il faut travailler depuis la base. Et pour cela, nous sommes en discussion avec la Direction de l’Apprentissage et de l’Insertion Professionnelle (DAIP) du Ministère de l’Education Nationale, avec qui nous allons bientôt signer une convention dont le texte et le plan d’actions sont en préparation par nos experts.

Quels sont les axes de travail de l’Agence Côte d’Ivoire Pme en vue de soutenir l’entrepreneuriat ?

Il y a parfois des confusions qui sont faites dans le langage courant entre entrepreneuriat et Pme. Il faut comprendre que l’entrepreneuriat concerne beaucoup plus le volet création d’entreprises. Et surtout le début du processus de création. Et la politique de l’entrepreneuriat vise à vivifier l’environnement par la création d’un grand nombre d’entreprises. Ces entreprises vont évoluer et d’autres politiques viendront les soutenir, tels que la politique des Pme, qui sont à un second niveau, celui de la sophistication des outils de politique publique.
Au niveau de l’Agence Côte d’Ivoire Pme, je vous ai mentionné tantôt ‘’Dream Factory’’ qui est un espace dédié à la création d’entreprises. Au sein de ‘’Dream Factory’’, des conseillers spécialisés de l’Agence Côte d’Ivoire Pme accompagnent les entrepreneurs dans ce qu’on appelle un programme d’incubation. Cela consiste à accompagner l’entreprise naissante depuis la phase d’idéation jusqu’à la mise en place d’un prototype. C’est-à-dire lorsque vous êtes capables de partir d’une idée, de l’expliquer et de rendre sur papier, cela peut être un service, un produit, on appelle cela un prototype. Il s’agit là de la phase de pré-incubation. Après cela, vous passez à la phase d’incubation. L’Agence Côte d’Ivoire Pme apporte alors une série de formation d’accompagnement sur des outils de gestion, ou des outils techniques sur votre projet. A partir du moment où le projet devient de plus en plus concret, on passe à la phase d’accélération. En général, c’est au cours de cette phase que l’Agence Côte d’Ivoire Pme peut vous accompagner à pouvoir mobiliser des ressources avec des acteurs tels que des business angels ou des mentorats. Nous avons lancé un programme (Ndlr, la première cohorte de la ‘’Dream Factory’’) qu’on appelle Rufin (Rural finance) qui est destiné à faire émerger des produits au niveau de tout ce qui est transfert d’argent numérique. Aujourd’hui lorsqu’on est en période de commercialisation de produits agricoles dans nos régions, il y a un gros défi au niveau de la sécurité. Parce qu’il y a beaucoup d’agression en milieu rural lié au transfert de cash. L’Agence Côte d’Ivoire Pme a aujourd’hui six (6) entreprises, notamment 6 start-ups qui sont hébergées au niveau de notre incubateur public et qui travaillent à produire des solutions technologiques qui permettront des transferts d’argent ou la commercialisation technologique de nos produits agricoles. Nous sommes un pays dont l’économie est basée essentiellement sur l’agriculture, il est important pour nous de trouver des solutions et ces start-ups sont déjà en phase d’incubation au niveau de l’Agence Côte d’Ivoire Pme. L’Agence travaille à mobiliser des ressources en vue d’accompagner ce programme.

Quel message en direction de la jeunesse, principale cible de la politique d’entrepreneuriat ?

L’appel que je peux lancer, c’est que la jeunesse est l’avenir du pays. Nous disons à la jeunesse que le gouvernement ivoirien, dans le cadre du programme social du gouvernement (Ps-gouv), un axe principal est destiné au soutien à la jeunesse pour la création de l’emploi. La jeunesse compte pour plus de 70% de la population ivoirienne, et aujourd’hui au travers d’initiatives telles que celle de l’Agence emploi jeunes, l’Etat ivoirien a mis à la disposition de la jeunesse des ressources financières. Le gouvernement vient d’inaugurer aussi une série de guichet-emploi. Donc, nous disons à la jeunesse de se rapprocher des instruments que l’Etat ivoirien développe pour eux. Au-delà des mesures financières mises en place au travers de l’Agence emploi-jeunes, il y a d’autres structures et l’Agence Côte d’Ivoire Pme est à leurs côtés. Aujourd’hui, l’Etat leur permet de pouvoir se rendre dans un centre physique, de bénéficier de l’accompagnement d’une structure qui leur est dédiée, de pouvoir les accompagner, les aider à avoir accès aux marchés. Toutes ces mesures sont mises en place pour que les jeunes puissent créer leurs entreprises, s’enrichir et créer de la valeur pour la collectivité. En plus des mesures financières dont j’ai parlé, il y a désormais une institution qui est dédiée à leur accompagnement et cette institution, c’est l’Agence Côte d’Ivoire Pme. Une de nos missions, c’est d’être auprès des jeunes et de les accompagner. C’est de leur permettre de d’exprimer leur génie entrepreneurial, d’avoir accès à toute l’expertise qu’il leur faut et bien sûr de leur permettre d’avoir accès aux financements. En plus des mesures mises en place au travers du Ps-gouv, l’Agence Côte d’Ivoire Pme, sous la tutelle du ministère en charge des Pme, signe des conventions de financements. Aujourd’hui, il y a une convention de financement qui est déjà fonctionnelle avec une banque de la place, d’autres conventions sont en cours de montage avec différentes banques. Donc, il y a des opportunités aujourd’hui. Nous disons aux jeunes de saisir ces opportunités qui leur sont offertes. Nous leur donnons rendez-vous, dans un avenir très proche, à toute la jeunesse au niveau de Bouaké et de San Pedro. Désormais, les jeunes auront accès à nos guichets de service pour avoir accès à l’information, à l’accompagnement et aux ressources financières. Donc, il y a des opportunités, et nous voulons dire aux jeunes que le Président de la République compte sur eux pour qu’ils puissent apporter leur pierre à la construction du pays.

Au-delà de la jeunesse, des Pme qui existent déjà peuvent-elles vous approcher pour avoir accès aux marchés ?

Notre cible, ce sont à la fois les entreprises en voie de création et aussi les Pme qui existent déjà. Nous avons organisé au mois de février 2019 des formations de master class sur la commande publique. En plus de cela, des Pme qui se sont rapprochées de nos services ont été accompagnées dans le montage de leurs dossiers. Grâce à cet accompagnement, des Pme ivoiriennes ont pu avoir accès à des marchés, selon ce que nous avons eu comme retour. Nous faisons des études et nous travaillons à mettre en place des outils d’aide à la décision publique qui puissent permettre à l’Etat de faire en sorte que les décisions que le gouvernement prend, en termes d’accès aux marchés pour les Pme, notamment au travers de la commande publique, soient suivies d’effets. Notre rôle aujourd’hui, c’est de comprendre ce qui fait que malgré la mise en place par l’Etat d’un certain nombre de textes pour accompagner l’accès à la commande publique, certaines Pme continuent de rencontrer des difficultés. Au niveau du secteur privé, vous avez aussi la question de la sous-traitance manufacturière. Aujourd’hui, l’Etat accorde des avantages au travers des textes à des multinationales qui veulent travailler avec des Pme ivoiriennes. Au travers du code d’investissement, il y a aussi des avantages qui sont accordés à des entreprises qui acceptent de travailler avec des Pme ivoiriennes. Une fois ce cadre juridique établi par l’Etat, notre rôle en tant qu’agence d’exécution, c’est de travailler à rendre opérationnel l’ensemble de ces textes-là, faire en sorte que des multinationales qui viennent s’installer en Côte d’Ivoire puissent avoir accès à des Pme qui soient fiables, performantes et compétitives. Au-delà de la question sur la commande publique, il y a également le secteur informel qui est un mal qui ronge nos économies en voie de développement. En juin 2017, l’Etat ivoirien a pris un texte qui crée le statut de l’entreprenant et l’Agence Côte d’Ivoire Pme a été identifiée comme la structure qui doit accompagner les agents du secteur informel à obtenir un nouveau statut que nous appelons le statut de l’entreprenant. Le rôle de ce statut est de définir les conditions au niveau fiscal et social adaptées à cette clientèle, de leur apporter un certain nombre de mesures d’accompagnement, de formation, d’outils de comptabilité, et d’aider ces acteurs à sortir de l’informel. Et nous sommes certains que lorsque certains vont réussir à se formaliser, cela va élargir l’assiette fiscale. Et si cela contribue à élargir l’assiette fiscale, cela va aider à créer plus de richesses. Et si on crée de la richesse, l’Etat sera capable de faire beaucoup de routes, d’écoles, de financer la santé, etc. Nous appelons l’ensemble des acteurs du secteur des Pme à saisir les opportunités de croissance offertes par l’Etat pour qu’ensemble nous construisions une Cote d’Ivoire prospère et émergente. Au bout du compte, le rôle de l’Agence est de stimuler une croissance inclusive par la création d’emplois par les entrepreneurs et les PME.



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