Ayodhya, un conflit qui a forgé l’histoire de l’Inde



La justice doit rendre, à la mi-novembre, son verdict sur l’appartenance du site d’Ayodhya, disputé depuis des décennies aux musulmans par les nationalistes hindous, qui ont fini par le détruire. Très probablement, ceux-ci auront gain de cause, selon le journal conservateur Hindustan Times.
 

Le conflit d’Ayodhya imprègne la vie du pays pratiquement depuis l’indépendance.

Il est tantôt vif, tantôt en sommeil. Les partis politiques ont parfois pris des décisions qui en ont fait le sujet le plus controversé, et, à d’autres moments, ils se sont efforcés de le minimiser. Il a provoqué les émeutes les plus violentes qu’ait connues le pays, mais a aussi fait naître l’espoir qu’il pourrait devenir le symbole de l’entente entre les communautés – rarement, il est vrai.

Ce site a mis à l’épreuve l’Inde en tant que démocratie constitutionnelle laïque. Il a été à la source de la rupture politique la plus fondamentale qu’ait connue le pays en trente ans. Il constitue un symbole de renouveau religieux et national pour ceux, et ils sont nombreux, qui pensent être en train de rectifier un tort historique. Et il illustre ce qu’une politique de haine, de communautarisme, de violence et de violation de la loi peut faire à un pays.

Un miroir de l’Inde

L’audience de la Cour suprême sur la propriété [hindoue ou musulmane] du site de la Ram Janmabhoomi Babri Masjid [également connue sous le nom d’Ayodhya] est achevée, et les arguments juridiques qui ont été présentés vont être disséqués.

Fondamentalement, cependant, la question ne relève pas du droit mais de la politique : il s’agit de savoir comment l’Inde se voit elle-même.

On peut faire remonter l’origine du conflit au XIXe siècle, voire à la construction de la mosquée au XVIe siècle. Mais, pour avoir une idée du temps depuis lequel il affecte la vie politique depuis l’indépendance, songez à ceci : un Indien âgé aujourd’hui de 70 ans venait à peine de naître quand l’installation d’une statue de Rama [divinité de l’hindouisme] sur le site de la mosquée, que les hindous considèrent comme le lieu de naissance du dieu, a déclenché une controverse en décembre 1949.

Frénésie

Un Indien âgé de 33 ans naissait à peine quand le Premier ministre Rajiv Gandhi a décidé d’officialiser le caractère de lieu de culte hindou, en 1986. Et un Indien qui approche de la trentaine n’a aucun souvenir, ou alors très vague, de la frénésie qui a marqué le mouvement et la

[…]

Prashant Jha

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Le titre, fondé en 1924, est de loin le journal le plus populaire à New Delhi, et il reste aujourd’hui encore le grand rival du Times of India. Son ton sobre explique sans conteste son succès. Il est plutôt conservateur.
Près de

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