Facebook renforce (encore) sa lutte contre la désinformation… alors que les infox explosent sur le réseau



« Protéger le processus démocratique ». C’est l’ambition du plan qu’a présenté, jeudi 7 novembre, Facebook à ses investisseurs pour les élections présidentielles de 2020 aux États-Unis. Cet (énième) programme de lutte contre la désinformation comprend une série d’initiatives dévoilées en octobre après avoir déjoué une nouvelle tentative russe de manipuler l’opinion.

Des mesures attendues

Facebook multiplie les efforts pour regagner la confiance du public. Le géant des réseaux sociaux veut lutter contre les infox et les menaces d’ingérences étrangères, notamment en protégeant mieux les comptes des candidats et élus. Pour rappel, l’élection présidentielle de 2016 avait été un véritable fiasco après les révélations du scandale de Cambridge Analytica, au printemps 2018.

Dans son communiqué, il insiste donc sur le renforcement de la transparence, en indiquant clairement qui contrôle les pages politiques ou les pages de médias étatiques. Les articles ou vidéos qualifiés de fausses informations par des journalistes indépendants seront aussi mieux signalés.

C’est heureux, car la désinformation politique s’est amplifiée sur Facebook ces trois derniers mois, à un an de l’élection présidentielle américaine, qui pourrait être marquée par une vague de fausses nouvelles plus importante encore qu’en 2016, selon un rapport de l’ONG Avaaz publié la veille de l’annonce de Facebook.

Les fausses informations politiques ont déjà totalisé 158 millions de vues cette année aux États-Unis -pays comptant 153 millions d’électeurs-  selon l’enquête, publiée mercredi 6 novembre, de cette organisation.

Pallier l’explosion des fake news

« Les élections de 2020 sont en danger », a asséné Fadi Quran, directeur de campagne à Avaaz. « Notre équipe a constaté que des millions et des millions d’Américains voyaient et partageaient des informations politiques manifestement fausses… Et nous ne sommes même pas encore en 2020 ».

Le rapport estime qu’il y a eu 4,6 millions d’interactions autour des 20 fake news les plus répandues ces trois derniers mois, contre 3,1 millions dans les trois à six mois avant les élections de 2016.

« Notre enquête montre que les mesures prises par Facebook ont largement échoué à réduire la propagation virale de désinformation sur la plate-forme », écrit Avaaz dans son rapport.

Deux fois plus de fake news contre les démocrates

L’ONG s’est basée sur les 100 fausses informations les plus vues depuis le début de l’année pour son investigation. Par exemple, une fake news selon laquelle Nancy Pelosi, la chef des démocrates au Congrès, détourne de l’argent de la sécurité sociale pour financer l’enquête visant à destituer Donald Trump (plus de 24 millions de vues) ou encore des contenus prétendant que le grand-père du président américain, Donald Trump, était un proxénète qui pratiquait l’évasion fiscale, et son père, un membre du Ku Klux Klan (plus de 29 millions de vues).

« Le nombre de fausses infos contre les démocrates et libéraux est deux fois plus élevé (62% des contenus politiques fallacieux pour 104 millions de vues) que contre les républicains et conservateurs (29% et 49 millions de vues) », précise le rapport.

Source : Avaaz [PDF]





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