Forte émotion au Brésil après l’assassinat d’un Indien “gardien de la forêt”



Le 1er novembre, un jeune leader indien a été assassiné dans une réserve amazonienne de l’État de Maranhão, dans le nord du Brésil. Face aux violences récurrentes contre ces populations autochtones qui se battent contre la déforestation illégale, le gouverneur de cet État annonce la création d’un nouveau corps de police chargé de les protéger.

Paulo Paulino Guajajara avait 26 ans et était parti chasser en compagnie d’un ami dans la réserve indienne d’Arariboia, située dans la partie amazonienne de l’État du Maranhão, dans le nord du Brésil, relate le site brésilien d’investigation Agência Pública.

Ce 1er novembre dans l’après-midi, alors qu’ils puisaient de l’eau dans une rivière, deux Indiens de l’ethnie Guajajara ont été victimes d’une embuscade tendue par cinq coupeurs de bois armés. Paulo Paulino est mort sous les balles, et son compagnon, également atteint, a réussi à fuir.

Agência Pública a rapporté le témoignage du rescapé, Laércio, qui a parcouru dix kilomètres pour trouver des secours et s’est confié, à l’hôpital, à une dirigeante de la tribu, mais aussi à un ami cinéaste, qui raconte :

Ils [les assaillants] ont commencé à tirer à faible distance, Laércio a été atteint au bras […] et a vu que Paulino était à terre, blessé au visage. Laércio a essayé de le tirer vers lui mais il a constaté que son ami était mort.”

En s’enfuyant, Laércio a été atteint une seconde fois dans les côtes.

Des gardiens de la forêt en péril

Les deux Indiens étaient membres d’une équipe de surveillance contre les coupeurs de bois illégaux de la région. Ce corps de 180 autochtones, appelé “Gardiens de la forêt”, s’était constitué en 2016 face à l’inaction des pouvoirs publics contre la déforestation. Ces gardiens de la forêt tentent de protéger la réserve, territoire indigène officiel depuis 1990 qui s’étend sur 413 000 hectares et où vivent 6 000 personnes dont certaines, de la tribu des Awá (aussi nommés Guajá), en isolement total et volontaire. Mais cette patrouille autochtone ne trouve qu’un très faible appui des autorités face au déni actuel qu’oppose le pouvoir de Jair Bolsonaro à la déforestation et aux incendies en Amazonie.

En juin dernier, une vidéo tournée par l’ONG Survival International recueillait le témoignage de ces gardiens de la forêt qui expliquaient être constamment menacés. L’an dernier, selon l’ONG, vingt indigènes ont été tués par des groupes mafieux.

Interrogé par Agência Pública, un militant local des droits de l’homme, Francisco Gonçalves, ne cache pas sa colère contre les autorités brésiliennes :

Ces conflits [entre coupeurs de bois et Indiens] remontent à des décennies, mais ils se sont aggravés avec le démantèlement des organismes fédéraux et l’abandon des politiques de protection des peuples indigènes. Le discours belligérant et de haine qu’instille le gouvernement de Jair Bolsonaro est un véritable sauf-conduit pour les groupes criminels pour pénétrer sur les terres indigènes.”

L’émotion et la colère suscitées par ce meurtre ont motivé le gouverneur du Maranhão, Flávio Dino, a annoncé le 3 novembre la création d’un nouveau corps de police dédié à la protection des communautés indiennes de la forêt. L’unité sera composée de membres de la police militaire et civile et de pompiers.

Lire l’article original

Source

Cette agence, fondée en 2011, s’est donné pour mission de publier des reportages et des enquêtes très fouillés dans le but de contribuer au débat démocratique et de promouvoir les droits de de l’homme.
Cette agence, fondée en 2011,

[…]

Lire la suite





A lire aussi

Laisser un commentaire