Le Chili, une oasis où l’on meurt de soif



L’annonce d’une énième hausse du prix du métro a galvanisé le peuple chilien, jetant dans la rue des centaines de milliers de personnes en colère. Un journaliste de Valparaíso, dès les premiers jours de la révolte, témoignait de ce ras-le-bol général.

Très tôt dans la matinée, j’essaie de marcher dans le centre de Valparaíso [sur la côte du Pacifique], la ville qui m’a vu naître et où j’ai grandi. J’ai la gorge sèche, le nez qui pique, mes larmes ne se décident pas à couler. Tout devient difficile, surtout respirer : ce sont les gaz lacrymogènes, partout répandus tel un amer reproche, ce sont les carabiniers et les militaires à l’odeur de poudre tenace.

Sauter les tourniquets

Les rues sont jonchées de décombres, et l’on voit se multiplier les files de gens qui cherchent à acheter des produits alimentaires, dans un calme tendu qui rappelle les pires années de la dernière dictature [1973-1990].

Rien de tout cela n’est arrivé par hasard, et ce n’est pas si difficile à comprendre : revenons quelques jours en arrière.

Nous sommes vendredi, et de nombreux habitants de la capitale ont répondu à un appel diffusé sur les réseaux sociaux : “Ne paie plus le métro”, dont le tarif a augmenté de 30 pesos (0,037 euro). Cela paraît insignifiant, mais ça ne l’est pas.

Avec l’augmentation, on est passé à 830 pesos (1,04 euro). Le métro de Santiago devient ainsi le plus cher de toute l’Amérique latine. On en était déjà à deux révisions de tarif cette année, cette dernière a été l’augmentation de trop.

La population en a eu assez et s’est mise à resquiller. Les étudiants ont ouvert la voie,

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Javier Donoso Bravo

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“Le monde raconté par des Latino-Américains”, c’est ainsi que se définit la formule de Revista Late, un site multimédia de journalistes travaillant depuis plusieurs pays d’Amérique latine.
Lancée en mars 2017 par un collectif qui

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