Le Rassemblement national surfe sur la vague verte



Le New York Times s’est rendu à Hénin-Beaumont, dans le nord de la France, où le parti de Marine Le Pen a compris l’intérêt qu’il peut y avoir à mener des initiatives écologiques.

Tout l’éclairage public d’Hénin-Beaumont va être équipé d’ampoules LED, plus respectueuses de l’environnement. Des agents municipaux vont venir chez les habitants pour planter gratuitement des arbres – une solution naturelle pour conserver la fraîcheur lors des vagues de chaleur, comme celles qui ont déferlé sur l’Europe l’été dernier. Des moutons broutent l’herbe d’un grand pré appartenant à la municipalité, dans le cadre d’une expérience d’“écopâturage”. Un panneau d’affichage urbain explique : “Moins de pollution, moins de bruit, moins de pesticides. Un pas de plus vers la protection de notre biodiversité.”

Non, ces mesures ne sont pas l’œuvre d’une mairie verte. Hénin-Beaumont est une municipalité Rassemblement national (RN), un parti devenu la principale force d’opposition du pays en faisant de la lutte contre l’immigration son cheval de bataille.

Un intérêt écologique récent

Il y a encore quelques années, cette formation ne montrait guère d’intérêt pour l’environnement. Son fondateur, Jean-Marie Le Pen, niait l’origine humaine du changement climatique et qualifiait [en 2010] l’écologie de “nouvelle religion des bobos gogos”. Mais la question de l’environnement est désormais au premier rang des préoccupations de l’électorat dans toute l’Europe, ce qui n’a pas échappé au RN.

Ces derniers mois, la dirigeante du RN, Marine Le Pen, a prononcé deux discours importants où elle appelait à transformer l’Europe en “première civilisation écologique du monde”, et se ralliait à des idées comme la consommation de produits locaux.

Un moyen de séduire l’électorat

Hénin-Beaumont est aux mains du RN depuis 2014. En prévision des municipales de l’année prochaine, le parti en a fait l’une des vitrines de son écologisme pragmatique.

Longtemps, les partis politiques se sont emparés de l’écologie et ont ciblé seulement les classes aisées, la bourgeoisie, explique Christopher Szczurek, adjoint au maire d’Hénin-Beaumont et membre du bureau national du parti. Or maintenant, on voit que les travailleurs peuvent aussi y trouver un véritable intérêt.”

Le président Emmanuel Macron, longtemps critiqué par les écologistes pour sa relative inaction face au dérèglement climatique, s’est lui aussi érigé en porte-drapeau de l’écologie. Il a notamment critiqué Jair Bolsonaro, le président du Brésil, pour sa gestion des feux en Amazonie.

Tant pour [le chef de l’État] que pour Marine Le Pen, qui devraient être de nouveau face à face lors de l’élection

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Norimitsu Onishi

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Avec 1 400 journalistes, 35 bureaux à l’étranger et 127 prix Pulitzer et plus d’un million d’abonnés, The New York Times est de loin le premier quotidien du pays, dans lequel on peut lire “all the news that’s fit to print” (“toute

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