L’organisation du Web Summit fait jaser à Lisbonne



Alors que “la Mecque de la tech” a pris fin ce jeudi 7 novembre au Portugal, une controverse est née autour des conditions de travail de toutes les petites mains de l’organisation, “qui font couler beaucoup d’encre chaque année”, rapporte le site Eco.

Les conférences du Web Summit ont connu leur épilogue ce jeudi 7 novembre à Lisbonne, avec une légère controverse. Elle concerne le nombre de bénévoles – 2 700 au total – qui ont veillé durant quatre jours à la bonne tenue du plus grand rassemblement européen consacré à la technologie, contre de faibles contreparties. Grâce à leur travail, l’organisation aurait économisé un million d’euros, rapporte le site de l’hebdomadaire Sábado, sur la foi d’une étude de l’entreprise de services en ressources humaines Randstad.

Dans le journal Público, le chroniqueur Ricardo Moreira (chercheur spécialiste des questions de travail et de sécurité sociale, élu local sur une liste du Bloc de gauche) rebaptise le Web Summit en “sommet du travail gratuit” :

Quelle tristesse de voir le gouvernement et la mairie de Lisbonne donner des câlins et des millions à Paddy Cosgrave [fondateur et patron de l’événement] sans rien avoir à dire sur les conditions de travail des bénévoles.”

Il précise que les bénévoles doivent se soumettre aux volontés du patron et ainsi “effectuer les horaires de travail qui leur sont indiqués” et être flexibles quand ceux-ci changent, conformément au règlement du Web Summit qu’ils doivent signer. “En retour, l’organisation leur offre, assure-t-elle, des avantages comme l’accès à une seule conférence, mais ce n’est pas certain non plus, cela dépend du nombre d’années de bénévolat qu’ils ont derrière eux. En matière d’exploitation, ce n’est pas mal.”

“L’opportunité pour eux de vivre une expérience”

Interrogé cette semaine lors de son passage au Web Summit, dont l’organisation coûte 11 millions d’euros par an à l’État portugais, le Premier ministre socialiste, António Costa, a minimisé l’exploitation dénoncée des petites mains : “C’est l’opportunité pour eux de vivre une expérience.”

Le président de la République, Marcelo Rebelo de Sousa, a, lui, ajouté : “Si j’avais l’âge, je serais bénévole.” C’est la première fois que les deux dirigeants commentent la question des nombreux bénévoles du Web Summit “qui fait couler beaucoup d’encre chaque année”, note le site Eco.

Le Web Summit s’est d’ailleurs clôturé sous les sifflets, lors de l’intervention de Michael Kratsios, indique le site de la chaîne publique RTP. Le directeur technique de la Maison-Blanche et conseiller de Donald Trump sur la politique technologique a critiqué les pays qui ouvrent leurs portes à la Chine. C’est le cas notamment du Portugal, où le géant chinois des télécommunications, Huawei, est en train d’installer la 5G.

Vincent Barros





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