Saad Hariri présente sa démission



Mardi 29 octobre, le Premier ministre libanais, Saad Hariri, a annoncé qu’il va présenter sa démission au président Michel Aoun. Une décision qui intervient alors que le pays est depuis le 17 octobre en proie à des manifestations sans précédent contre le gouvernement.

Saad Hariri avait laissé entendre qu’il n’envisageait pas une démission “afin d’épargner au pays une nouvelle vacance gouvernementale”, rappelle L’Orient-Le Jour. De source proche du Premier ministre, ce dernier était “en quête de garanties à même de confirmer la formation d’un nouveau cabinet dans les plus brefs délais” avant de prendre une décision. “On faisait état aussi d’un forcing occidental pour empêcher le Premier ministre de quitter son poste”, souligne le quotidien beyrouthin.

Le Premier ministre libanais a donc changé d’avis au 13ème jour d’une contestation sans précédent au pays du Cèdre. Sa démission va à l’encontre des souhaits du Hezbollah, principal allié du président Aoun qui doit encore décider s’il accepte cette démission ou non.

Vendredi 25 octobre, le secrétaire général du parti chiite [Hassan Nasrallah] avait refusé toute chute du cabinet et du mandat du président Michel Aoun, ainsi que l’organisation d’élections législatives anticipées, comme l’exigent les protestataires. Il avait mis en garde contre le chaos, un effondrement économique du pays et même le début d’une nouvelle guerre civile en cas de vacance gouvernementale”.

Dans la matinée, juste avant l’intervention de Hariri, la tension est montée d’un cran entre les protestataires qui avaient dressé des tentes dans le centre-ville de Beyrouth et des partisans du Hezbollah et de son allié chiite le parti Amal. “Les partisans chiites scandaient des slogans hostiles aux manifestants et favorables à Hassan Nasrallah et au président du Parlement Nabih Berry, chefs respectifs du Hezbollah et d’Amal. L’armée libanaise s’est fortement déployée dans le centre-ville pour protéger les manifestants des casseurs qui se vantaient d’avoir détruit les tentes des protestataires. Les forces anti-émeute ont de leur côté fait usage de gaz lacrymogène.”

Le mouvement de contestation, inédit au Liban, a été déclenché par l’imposition d’une taxe sur les appels via messagerie instantanée. “Cette taxe avait été immédiatement retirée, sans que cela n’apaise la colère et le ras-le-bol des Libanais. La liste de réformes économiques et financières annoncées le lundi 21 par le Premier ministre n’a pas non plus été suffisante pour mettre un terme aux manifestations. Le discours du chef de l’État adressé aux Libanais avait également échoué à calmer la rue”.

Source

Longtemps le quotidien francophone de Beyrouth, né en 1970 d’une fusion entre L’Orient et Le Jour, a été la parfaite illustration du “Liban de papa” francophone et chrétien que la guerre civile allait tourner en dérision. Le départ

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