« Tournant décisif » dans la procédure d’impeachment visant Trump



La Chambre des représentants a formalisé, lors d’un vote jeudi, les règles pour la suite de son enquête de destitution visant le président Trump. Les démocrates ont, à l’exception de deux élus, tous voté pour, et les républicains tous contre.
 

Il s’agit d’“un tournant décisif”estime le Los Angeles Times, “dans l’enquête historique qui secoue la Maison-Blanche, paralyse presque le Capitole et assombrit les prochaines élections en 2020” : la Chambre des représentants a approuvé, jeudi 31 octobre, une mesure établissant des règles pour la suite de son enquête de destitution du président américain Donald Trump, soupçonné d’avoir utilisé le pouvoir que lui confère sa fonction à des fins personnelles. 

La présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, avait lancé, juste avant le vote :

Si nous n’avons pas de système de freins et contrepoids, autant élire un président et rentrer chez nous.” 

“Première victoire”

C’est “une première victoire pour l’impeachment de Trump”, un “processus qui pourrait mener au troisième procès de destitution d’un président par le Sénat de l’histoire des États-Unis”, après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1999anticipe The Atlantic. Avec ce vote, le premier au Congrès depuis le lancement de la procédure de mise en accusation de Donald Trump, dans la foulée de révélations sur une conversation avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, les élus lui ont donné un caractère plus formel. 

“Les démocrates étaient encouragés par des sondages montrant un soutien croissant à la destitution dans l’opinion”, relève le Wall Street Journal. L’enquête prend aussi un tour plus public, la résolution autorisant notamment la commission du Renseignement à publier les transcriptions des entretiens à huis clos des témoins. Elle donne également plus de pouvoir aux républicains, en leur permettant de convoquer leurs propres témoins, même si ces demandes sont soumises à l’approbation des démocrates. 

Polarisation extrême

Le vote, avec 232 voix pour et 196 contre, “a mis en évidence la forte division partisane à Washington au sujet de la destitution”, observe le Wall Street Journal : “tous les démocrates sauf deux ont soutenu la mesure tandis que tous les républicains l’ont rejetée. Le représentant indépendant de la Chambre, Justin Amash, du Michigan, a voté oui.” 

Pour le New Yorker, cette “polarisation extrême” n’est “pas un phénomène nouveau, mais un fait marquant du moment politique”.

Si ”aucun délai n’a été fixé” pour boucler l’enquête, comme le relève le Wall Street Journal, le calendrier de la destitution risque “d’entrer en collision” avec celui de la primaire démocrate, selon Politico. “Il est peu probable que la Chambre se prononce sur la destitution avant la fin de l’année, ce qui signifie que le procès du Sénat commencera en janvier – quelques semaines seulement avant les caucus du 3 février en Iowa. C’est un événement qui pourrait obliger les six candidats démocrates à la présidence à rester à Washington chaque jour ouvrable pendant au moins un mois”, explique le site. Un timing qui “menace d’anéantir les plans de campagne de certains des meilleurs candidats à l’élection de 2020”.

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