Le calvaire des journalistes d’Iwacu : JOUR 18 – IWACU


Par Abbas Mbazumutima

 

En ce 18ème jour d’incarcération des 4 reporters du Groupe de Presse Iwacu et leur chauffeur, l’Olucome appelle les autorités burundaises à les libérer dans l’immédiat et sans condition.

Dans un communiqué sorti ce 8 novembre 2019, l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques fait savoir que ’’ces journalistes arrêtés et écroués injustement à la prison de Bubanza étaient en train d’exercer leur métier’’.

L’Olucome rappelle que la liberté de la presse et le droit à l’information doivent être respectés par les autorités burundaises. Gabriel Rufyiri, son président fait remarquer que «les journalistes des médias burundais travaillent dans des conditions extrêmement difficiles et prennent des risques pour le but ultime d’informer la population».

Selon lui, il y a lieu de s’inquiéter face à l’attitude affichée par les autorités burundaises à l’approche des élections de 2020. La position de cet activiste qui connaîtra la prison à six reprises, est sans équivoque.

Il clame haut et fort qu’il s’inscrit en faux contre l’emprisonnement d’Agnès Ndirubusa, Christine Kamikazi, Egide Harerimana, Térence Mpozenzi et leur chauffeur Adolphe Masabarakiza. Pour le président de l’Olucome, leur place n’est pas en prison : «Ils devraient être remerciés pour leur professionnalisme».

Le CNC s’est encore une fois exprimé sur le cas de ces 4 journalistes d’Iwacu et leur chauffeur incarcérés. Nestor Bankumukunzi, président de cet organe, réitère son leitmotiv : «Le CNC n’a pas de prérogative pour s’ingérer dans les affaires de la justice ».

Mais il apporte aujourd’hui une petite nuance : «Seulement nous regrettons qu’il y ait des journalistes qui soient incarcérés et nous espérons que le droit va être dit pour que ces journalistes soient élargis si la justice trouve qu’ils n’ont pas commis de faute».

Poursuivis pour ’’complicité d’atteinte à la sûreté intérieure’’, ces 4 journalistes et leur chauffeur, seront devant la Chambre de conseil de la Cour d’Appel de Ntahangwa lundi 18 novembre. Ils ont été arrêtés, sans ménagement, mardi 22 octobre 2019 au chef-lieu de la commune Musigati en province Bubanza.

Le mardi 22 octobre, vers midi, une équipe du journal Iwacu dépêchée pour couvrir des affrontements dans
la région de Bubanza est arrêtée. Christine Kamikazi, Agnès Ndirubusa, Térence Mpozenzi, Egide Harerimana et leur chauffeur Adolphe Masabarakiza
voient leur matériel et leurs téléphones portables saisis. Ils passeront une première nuit au cachot,
jusqu’au samedi 26 octobre. Jusqu’alors, aucune charge n’était retenue contre eux. Mais le couperet est tombé : « complicité d’atteinte à la sécurité de l’Etat ».
Depuis l’arrestation de notre équipe, plusieurs organisations internationales ont réclamé leur libération. Ces quatre journalistes
et leur chauffeur n’ont rien fait de plus que remplir leur mission d’informer. Des lecteurs et amis d’Iwacu ont lancé une pétition,
réclamant également leur libération
. Ces événements nous rappellent une autre période sombre d’Iwacu, celle de la
disparition de Jean Bigirimana, dont vous pouvez suivre ici le déroulement du dossier, qui
a, lui aussi, profondément affecté notre rédaction.



burundinews

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