Congo-Brazzaville: appel de l’ONU à rejoindre le dialogue politique



En visite au Congo-Brazzaville, samedi 9 novembre, le représentant de l’ONU en Afrique centrale, François Louncény Fall, a appelé tous les acteurs congolais qui posent des préalables pour un dialogue national envisagé avant la présidentielle de 2021, à reconsidérer leur position. Claudine Munari, présidente de la Fédération de l’opposition congolaise, doit rencontrer François Louncény Fall dès lundi.

François Louncény Fall a affirmé que l’Organisation des Nations unies soutenait le dialogue national, processus qui a commencé en octobre dernier avec des consultations initiées par le Conseil national du dialogue (CND).

« Le conseil que nous donnons à tous nos interlocuteurs – qu’ils soient de la majorité, du centre, comme de l’opposition et même de la société civile ainsi que les chefs religieux – c’est, je pense, que ces consultations doivent être inclusives. Nous demandons à tous ceux qui, encore, posent des conditions préalables pour participer aux activités, qu’ils reconsidèrent leur position parce que le cadre du dialogue est le meilleur cadre pour venir discuter de tous les problèmes qui intéressent la vie nationale congolaise. Si les préalables sont un bouclier pour empêcher la participation, nous pensons que le dialogue ne sera pas possible et que les sujets soient sans tabou. Nous sommes à la veille de consultations électorales importantes. Les Nations unies réaffirment, par ma voix, leur détermination à accompagner le Congo sur cette voie de pacification, de stabilisation pour avoir des élections consensuelles et apaisées », a-t-il souligné.

« Un dialogue pour faire plaisir au pouvoir »

Claudine Munari, présidente de la Fédération de l’opposition congolaise s’apprête à  rencontrer François Louncény Fall. Elle a déjà reçu une délégation du CND, le comité national chargé par le président Sassou-Nguesso d’organiser ce dialogue. Pour elle, un dialogue est effectivement nécessaire au Congo-Brazzaville, notamment pour réformer en profondeur les conditions d’organisation des élections mais, selon elle, tel qu’il se prépare, ce dialogue ne servira qu’à légitimer le pouvoir en place, sans apporter de réel changement.

« Le dialogue qu’appelle François Louncény Fall, c’est le dialogue pour faire plaisir au pouvoir. L’idée, c’est d’entendre les uns et les autres, de recueillir leurs griefs ou leurs propositions. Le Conseil national du dialogue fait ensuite la synthèse qu’il envoie au président de la République qui tranche et qui prend les décisions. Il est à la fois juge et partie, là-dedans. Ce n’est pas constructif ! Les politiques ont droit à 60 places et nous, la Fédération, nous avons droit à une seule place ! Franchement, cela n’a pas de sens. Je pense que les partis devraient être à égalité. On pourrait créer une commission paritaire mixte incluant l’opposition et le pouvoir, une commission qui décide de l’ordre du jour et de la composition. Les Congolais veulent que ça change. Ils savent que dans ce pays, on ne peut pas faire des élections crédibles. Il ne faut pas faire des pirouettes comme ça, pour faire bien. En fait, tout ce dialogue-là c’est à l’attention de la communauté internationale pour dire : nous, on est bien, on a fait le dialogue », estime-t-elle.



rfi

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