Cinq clés pour comprendre la crise du logement à Berlin


Depuis plusieurs mois, des manifestations sont organisées régulièrement dans la capitale allemande pour dénoncer l’explosion des loyers. La classe politique a fini par réagir. Le point sur la situation.

81,5 % des logements de Berlin sont en location, soit 1,5 million sur un total de 1,9 million, rapporte Der Tagesspiegel. En 2011, cette proportion était de 86 %. “Berlin est la capitale des locataires”, écrit le quotidien. Ce pourcentage aide à comprendre pourquoi la flambée des loyers est une telle bombe sociale dans la ville. Sur ces logements en location, 40 % appartiennent à des particuliers (parfois dans le cadre de copropriétés), et 60 % “à des sociétés qui ont fait de l’immobilier leur activité principale”. Ce dernier taux, en hausse, est plus élevé à Berlin que dans les autres villes allemandes.

Carte réalisée par Thierry Gauthé, Courrier international.

Mietendeckel. C’est le nom (littéralement “couvercle sur les loyers”) donné au plafonnement des loyers que le Sénat de Berlin a décidé d’instaurer le 22 octobre, après de longs débats. Dirigé par une coalition de gauche, le gouvernement de la ville-Land espère ainsi juguler la crise du logement qui a provoqué plusieurs manifestations au cours des derniers mois. “C’est avant tout un gel des loyers” sur cinq ans, résume la Süddeutsche Zeitung, mais certains loyers estimés trop élevés pourront être revus à la baisse. La mesure, controversée, risque d’être difficile à mettre en place. Elle doit encore être adoptée par le Parlement régional au début de 2020, pour entrer en vigueur à la fin de 2020, avec effet rétroactif à la mi-juin 2019.

“Karl Marx, olé !” C’est en ces termes que des habitants de la Karl Marx Allee ont salué la décision de la municipalité, cet été, de racheter 750 appartements que convoitait le groupe immobilier Deutsche Wohnen, responsable dernièrement de douloureuses hausses de loyer dans la capitale, relate Neues Deutschland, l’ancien quotidien officiel du régime est-allemand. La victoire est symbolique à double titre : tout d’abord parce qu’elle concerne une artère de l’ancien Berlin-Est célèbre pour ses imposants immeubles staliniens, dans le quartier de Friedrichshain, mais aussi parce que c’était la première fois que des habitants obtenaient le retour dans le domaine public d’appartements passés dans le parc privé à la chute du mur. La Ville a poursuivi cette démarche pionnière en acquérant, le 26 septembre, près de 6 000 logements à Reinickendorf et Spandau, deux arrondissements du Nord-Ouest.

  • L’article publié sur notre site

Contre la crise du logement à Berlin, l’expropriation ? En avril dernier, Die Tageszeitung racontait comment des locataires en colère, réunis en associations, tentaient de faire entériner par le Land de Berlin la tenue d’un référendum sur l’expropriation des sociétés privées propriétaires de plus de 3 000 logements. Depuis le printemps, la mobilisation n’a cessé de gagner de l’ampleur, sans pour l’instant aboutir.





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