Comment l’extrémiste Alain Soral se joue des banques et du fisc français



Juste à côté de la synagogue de Lausanne

La dernière condamnation d’Alain Soral date du 2 octobre : une année de prison pour injure publique antisémite. Il avait qualifié le monument du Panthéon, à Paris, de “déchetterie casher” après l’inhumation de Simone Veil et de son époux dans cette nécropole en juillet 2018. Le condamné reste libre en raison notamment des appels en cours.

Deux semaines après sa dernière condamnation, l’extrémiste était à Lausanne pour prendre les clés de son nouvel appartement. Le logement de trois pièces est coquet. Il n’était pas encore meublé la semaine dernière. Des travaux d’électricité étaient en cours. Alain Soral n’était pas là. Mais tout semblait prêt pour accueillir prochainement le nouveau locataire.

La plaquette gravée de la boîte aux lettres indique déjà Robert Bonnet, qui est le nom d’usage d’Alain Soral. Robert étant l’un de ses multiples prénoms. La ville de Lausanne offre un service payant d’informations sur l’adresse de ses résidents. Contacté, le Service du contrôle des habitants confirme l’arrivée : “Alain, Gérard, Robert, Guy Bonnet, né le 2 octobre 1958, a été admis le 15 octobre dernier.” L’homme n’a pas mentionné son deuxième patronyme, Soral. Et, pour l’instant, son arrivée est “provisoire”. Ce qui signifie qu’il doit encore présenter des documents officiels pour s’inscrire définitivement.

Vigilance

Dans le quartier, certains habitants ont reconnu la figure de l’extrême droite française, qui ne se cache pas. L’homme est poli et discret. Il ne parle pas de politique. Alain Soral a déjà effectué plusieurs visites, mais il ne s’est pas encore installé. D’ailleurs, les voisins ne savent pas s’il y aura un déménagement et quand il aura lieu. Personne ne sait si l’extrémiste de droite, qui est censé vivre en France, va faire de Lausanne le lieu de sa nouvelle résidence principale.

Personne dans le quartier ne comprend pourquoi cet antisémite et négationniste a choisi cet endroit. La zone est proche de la synagogue. Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (Cicad), rappelle qu’il lui appartient de s’installer là où il le souhaite. “Alain Soral n’a jamais été condamné en Suisse. S’il décide de s’installer dans ce quartier à Lausanne, nous resterons naturellement vigilants face à ce propagateur de haine antisémite déjà bien connu des tribunaux français.”

Alain Soral n’a pas réagi à nos sollicitations.





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