Une miss iranienne recherchée par Téhéran demande l’asile aux Philippines



Bahareh Zare Bahari, qui a représenté l’Iran dans un concours de beauté à Manille en 2018, est retenue depuis plus d’une semaine à l’aéroport de la capitale philippine. À la demande de Téhéran, Interpol a émis une alerte internationale à son encontre.
   

“La reine de beauté iranienne, détenue à l’aéroport Ninoy Aquino depuis [le 17 octobre], a requis l’asile auprès des Philippines, disant craindre pour sa vie après avoir contrevenu aux traditions et s’être prononcée en faveur du bien-être des femmes dans son pays”, rapporte le Philippine Star, en s’appuyant sur un communiqué du ministère de la Justice. Selon la notice rouge émise par Interpol, les autorités iraniennes accusent Bahareh Zare Bahari d’avoir agressé un de ses compatriotes aux Philippines.

Accusation que la jeune femme réfute. “Un énorme mensonge”, a-t-elle confié au quotidien britannique The Daily Telegraph, qui a réussi à entrer en contact avec elle. Elle estime être prise pour cible en raison de son militantisme politique et, en particulier, pour avoir brandi, lors du concours Miss Intercontinental 2018 à Manille, un poster de Reza Pahlavi, le fils du dernier chah d’Iran, et un des critiques les plus virulents envers la République islamique. “J’ai brandi cette photo sur scène pour servir de porte-voix à mes concitoyens car les médias les ignorent”, s’est-elle justifiée auprès du Telegraph.

Bahareh Zare Bahari, 31 ans, vit depuis 2014 aux Philippines, où elle dit suivre des études de dentiste. Le 17 octobre, arrivant en provenance de Dubaï, on lui a refusé l’entrée sur le sol philippin. Sa demande d’asile sera désormais étudiée. “En attendant que toute la lumière soit faite sur cette affaire, aucune action en vertu de la notice rouge d’Interpol ne devra être entreprise, souligne Phil Robertson, de Human Rights Watch, cité par le Daily Telegraph. Car une notice rouge d’Interpol est nulle et non avenue si la personne visée est un réfugié fuyant l’État à l’origine de cette notice.”

Sur sa page Facebook, Bahareh Zare Bahari met régulièrement en ligne des vidéos enregistrées dans l’aéroport de Manille, dont celle-ci, postée le 23 octobre.





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