Au Royaume-Uni, les femmes travaillent gratuitement jusqu’à la fin de l’année



Si l’on prend en compte les inégalités salariales entre hommes et femmes au Royaume-Uni, ces dernières ne sont plus payées à partir du 14 novembre. Une journée symbolique dont les partis se sont emparés pour mettre l’égalité à l’honneur dans les débats précédant les élections législatives.

À compter de ce jeudi 14 novembre, les femmes cessent théoriquement d’être rémunérées au Royaume-Uni. Comme le souligne The Guardian, c’est la réalité qui se cache derrière l’Equal Pay Day, la journée de l’égalité salariale.

Les travailleuses britanniques sont en effet payées 13,1 % de moins que leurs collègues masculins. Les Françaises, elles, travaillent déjà “bénévolement” depuis le 5 novembre, avec un salaire moyen de 15,4 % inférieur à celui des hommes selon les chiffres d’Eurostat.

Le débat sur les inégalités salariales a été ravivé au Royaume-Uni par l’ouverture du procès de la présentatrice de la BBC Samira Ahmed, le 28 octobre à Londres. La journaliste avait décidé d’attaquer la chaîne nationale en justice après avoir tenté en vain d’obtenir un salaire équivalent à son collègue Jeremy Vine, payé près de 3 000 euros de plus qu’elle par émission, rappelle The Telegraph.

Un enjeu politique

À l’aube des législatives, plusieurs partis ont profité de cette journée symbolique pour annoncer leurs mesures en termes d’égalité. Parmi les déclarations rapportées par le Guardian, les Libéraux-Démocrates (Lib Dems) se sont engagés à “obliger les grandes entreprises à publier les niveaux de salaires de leurs effectifs en les classant par sexe, mais aussi origine ethnique et appartenance ou non à la communauté LGBT”. Le parti a également promis de s’attaquer à la “taxe rose”, qui désigne la différence de prix observée entre les versions “pour femmes” et “pour hommes” d’un même produit.

Les travaillistes sont encore plus optimistes : le parti de Jeremy Corbyn a promis d’éradiquer l’écart de salaires d’ici 2030. Pour y arriver, ces derniers parient notamment sur l’instauration d’échelles salariales dans les professions majoritairement féminines, et une extension de l’obligation de publier les écarts de salaires à toutes les entreprises de plus de 50 salariés. Un objectif jugé “peu probable” d’être atteint par un article de fact checking spécial élections du Guardian, qui estime que le parti pourra seulement “accélérer le rythme des changements”.





A lire aussi

Laisser un commentaire