Cameroun: « La sensibilisation d’abord »


. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ?

Au Cameroun, nous avons le domaine privé et le domaine public. Il est strictement interdit d’investir sur le domaine public. Sur les axes routiers, il y a un périmètre qu’il faut respecter en zone rurale ou en zone urbaine. Sur cette voie, nous demandons qu’on investisse à partir de 10 à 15 mètres après la rigole. La particularité de l’axe Yaoundé-Nsimalen, c’est que les conduites d’eau qui alimentent Yaoundé à partir du fleuve Nyong à Mbalmayo traversent ce territoire. Malheureusement, nous constatons que cet espace est menacé par les populations qui y mènent toutes sortes d’activités.

On y retrouve des fabriques de parpaings, des boutiques et autres. Or, il faut éviter que ces canalisations se rompent un jour. C’est pourquoi nous ne voulons pas qu’il y ait des activités sur cet espace sensible. Cet axe est également la porte d’entrée du Cameroun. Il est bon que cette voie soit dégagée et propre. S’agissant du carrefour Nkoabang, si vous voulez le traverser prenez votre mal en patience. Les commerçants et les motos-taxis ont envahi la chaussée, pourtant c’est une route bien aménagée. Cependant, l’occupation anarchique rend la circulation difficile. Même le piéton a de la peine à se mouvoir à cet endroit. Tout cela a accentué le nombre d’accidents dans la zone. Il est temps d’y mettre un terme.

Comment en est-on arrivé à cette situation ?

Nous savons que les citoyens connaissent la loi. D’ailleurs il y a un principe connu : « Nul n’est censé ignorer la loi ». Malheureusement, nous constatons que tout le monde n’est pas prêt à respecter la loi sans être bousculé. Or nous ne sommes plus au stade de « l’Etat gendarme », nous faisons confiance aux citoyens. Si certains ne veulent pas respecter la loi, nous allons tout faire pour qu’elle soit respectée parce que nous avons la mission d’assurer la sécurité des personnes et des biens même contre la volonté de certains. Notre rôle est de maintenir l’ordre et d’assurer la sécurité des biens et des populations. Imaginez un grumier qui passe à cet endroit et que les chaînes qui retiennent ses billes de bois lâchent ? Il y aura plusieurs morts. Ou encore sur l’axe Yaoundé-Nsimalen que les canalisations soient perforées, Yaoundé ne pourra plus recevoir de l’eau. À ce moment, on dira que les autorités n’ont rien fait.

Quelles sont les mesures concrètes que vous prendrez pour en finir avec cette occupation anarchique dans les zones visées ?

L’Etat a ses moyens pour faire respecter la loi par tous. Nous commençons par la sensibilisation, car nous avons aussi une mission d’éducateur. Si la sensibilisation ne porte pas des fruits, nous serons obligés de passer à la phase répressive, c’est-à-dire aux casses et aux déguerpissements, pour que les autres citoyens qui aiment l’ordre et respectent la loi vivent en paix.



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