Congo-Kinshasa: Souvenir – Tabuley Rochereau survit à travers ses chansons


Novembre est le mois qui a vu naître et mourir le célébrissime chanteur-compositeur, Pascal Emmanuel Tabu, dit Tabuley Rochereau. Sa renommée s’est répandue sur tous les continents à tel point que six ans après sa disparition, ses mélomanes se rappellent sa riche discographie.

Le virtuose est né en République démocratique du Congo, le 13 novembre 1940, et est mort le 30 novembre 2013 à Bruxelles, en Belgique. Dès l’âge de 19 ans jusqu’à sa mort, Rochereau a marqué ses contemporains par l’art d’Orphée. La musique était sa vocation. Toute son identité en incarnait. Toujours d’un air jovial, avec une voix de rossignol, il envoûtait ses mélomanes qu’on compte généralement parmi ceux de la génération des années 1950 à 1980.

Comme cela peut surprendre, on est tenté d’affirmer qu’on ne trouve aucun raté dans tous ses chants. Pourtant, il en a composés et exécutés des milliers. Perfectionniste et super talentueux, l’artiste est de la fibre des génies à l’exemple de Bob Marley, Michael Jackson, Elvis Presley, Julio Iglesias. Compté parmi les pionniers de la musique congolaise, Tabuley Rochereau fait ses débuts dans les chorales des écoles et de l’église. C’était presque l’unique voie d’initiation à la musique à cette époque, à l’orée des indépendances.

Au cours de sa carrière, l’artiste a roulé sa bosse aux côtés d’autres éminents musiciens comme Grand Kallé qui l’a révélé au grand public, l’arrachant de la Fonction publique pour s’intéresser entièrement à la musique, contrairement à beaucoup de jeunes qui se lancent aujourd’hui dans cette activité par manque de débouchés professionnels ou pour substituer à l’échec scolaire. Cela se remarque même par de piètres compositions, à succès éphémère, dans lesquelles ces derniers semblent attirer les foules en accumulant des obscénités.

Tabuley est aussi ce précurseur qui, parmi les artistes de son pays, s’est aventuré en politique en créant un parti après son retour de l’exil en 1997. Elu député, il devint vice-gouverneur de Kinshasa, mais sans toutefois abandonné sa première passion.

Une autre facette de sa personnalité, géniteur présumé de quatre-vingt-six enfants, c’est son côté libertin considéré comme un trop-plein d’amour par le rappeur Youssoupha, l’un de ses nombreux fils. Avec lui, ils offriront un concert le 7 mai 2012 à l’Olympia. Sa première prestation dans cette prestigieuse salle parisienne remonte à 1969.

Gisant bientôt six ans à la nécropole de Kinshasa, Tabuley Rochereau représente indéfiniment pour les artistes émergents des deux rives du Congo toute une école, une grande source d’inspiration. La qualité de ses fresques mélodieuses telles que Mazé, Sarah, Nzalé, Hortense, Congo Avenir…révèle un grand sérieux dans le travail qui immortalise l’artiste aux œuvres innombrables, devenues des classiques. Il a su, en effet, lier dans ses romances lyrisme, vertu et instruction.



allafrica

A lire aussi

Laisser un commentaire