“The Accident”, le drame britannique qui interroge la responsabilité d’entreprise



Comment répondre à un traumatisme collectif dans une petite ville où tout le monde se connaît, et où tout le monde veut trouver des responsables ? Une mini-série britannique répond avec brio et justesse à la question.

Tout passe par le jeu des acteurs. Plus particulièrement par celui de l’actrice principale, Sarah Lancashire, à en croire le New Statesman :

“Comment exprimer un sentiment de vide total ? […] C’est lié à son immense talent. Ses yeux donnent l’impression (comment ?) de perdre de leur éclat, sa bouche s’affaisse. Dans ces moments-là, on comprend que tout son organisme est temporairement plongé dans la glace. On le sait parce que, tout en regardant, on sent ses propres entrailles se glacer aussi.”

L’actrice est la tête d’affiche de la série en quatre épisode The Accident, diffusée par la chaîne publique Channel 4 entre le 24 octobre et le 14 novembre. Elle y interprète Polly Bevan, coiffeuse et femme du maire de la petite ville galloise et fictive Glyngolau. Elle est aussi la mère de Leona, seule rescapée de l’accident qui donne son nom à la série. Il s’agit de l’effondrement d’un bâtiment, The Light, dont le chantier était censé apporter un millier d’emplois à la petite ville qui en avait grand besoin. Les citoyens de Glyngolau s’organisent dans le deuil pour trouver et faire juger les responsables.

Une référence à l’incendie de la tour Grenfell

En plus de la qualité du casting, l’hebdomadaire de gauche admire celle de l’écriture. Le créateur de la série, Jack Thorne, est connu entre autres pour Skins et une pièce dans l’univers d’Harry Potter, The Cursed Child. Son génie s’exprime dans la profondeur et le réalisme qu’il donne à l’histoire, en ajoutant à sa complexité par “ces coups de tonnerre du quotidien que d’autres auteurs inférieurs auraient écartés comme superflus ou comme une diversion”. En abordant par exemple le thème des violences conjugales en périphérie de l’intrigue – laquelle s’inspire de l’incendie de la tour Grenfell.

Interrogé par Radio Times, Thorne explique avoir été marqué par la tragédie du 14 juin 2017 à Londres, qui avait fait 72 morts et mis en exergue le dysfonctionnement des systèmes de secours, et surtout les inégalités criantes dans le logement : les normes protectrices sont devenues un luxe. Ce qui fait de The Accident un drame sur le concept “d’homicide par négligence” mais surtout sur comment la justice doit s’en saisir, détaille encore Thorne :

Il est extrêmement risqué de croire que, dans toutes ces affaires, il soit possible d’identifier un unique responsable. Mais dans le même temps, il est également évident que le système judiciaire ne parvient pas à répondre à cette question… Les gens ont besoin de justice.”

HF





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