Comment Orange se sert de sa banque pour fidéliser et gagner de nouveaux abonnés


Orange Bank fête ses deux ans. Après avoir recruté des utilisateurs à grands frais, le doute s’était installé sur cette activité, au vu de ses pertes. Mais les équipes annoncent finalement aujourd’hui avoir enfin franchi le cap des 500.000 clients. Même si la rentabilité n’est toujours pas espérée avant 2023, le service continue de s’étoffer avec notamment l’ajout du crédit immobilier dans le cadre d’un partenariat avec Netixis. Orange Bank vient également de démarrer en Roumanie, s’apprête à le faire en Espagne et débarquera en 2020 en Afrique. Les offres croisées télécom-banque sont enfin vouées à se développer, comme annoncé aujourd’hui lors d’une conférence de presse.

Crédit telco, courtier et bientôt une offre pour les professionnels

Au mois d’octobre déjà, Orange avait inauguré le « crédit telco » pour financer l’acquisition d’un terminal mobile ou d’un autre achat en boutique. Avant cela, les clients pouvaient seulement échelonner leur paiement en quatre fois. Désormais, ils peuvent étaler leurs frais jusqu’à 36 mois. En 2020, Orange Bank proposera aussi des services de courtier d’assurance pour le vol et la casse de mobile. Et en 2021, le service lancera une offre bancaire et telco dédiée aux professionnels et PME.

Une stratégie qui devrait avoir des effets vertueux à terme. L’intérêt n’est pas seulement de diversifier les revenus du groupe. Cela peut aussi permettre de fidéliser les anciens abonnés télécom. Dans l’autre sens, les clients d’Orange Bank peuvent être tentés de basculer chez Orange en tant qu’opérateur, d’autant qu’ils sont reçus dans les boutiques télécom. 25% des clients Orange Bank ne sont ainsi pas des abonnés télécom. Autant de foyers potentiels en plus à conquérir.

Paul de Leusse, directeur-général d'Orange Bank.

La concurrence de Free et des GAFA

L’opérateur n’est pas le seul sur son secteur à tenir ce raisonnement. Free va probablement se positionner sur le même terrain d’ici peu. L’arrivée de Free dans le secteur bancaire ne suscite officiellement aucune crainte chez Orange Bank. « Nous disposons d’un solide réseau de boutiques. Free n’a pas cet actif », nous a déclaré Paul de Leusse, le directeur général d’Orange Bank. « Et puis, la banque, c’est du sérieux, du solide. Les clients nous font confiance en tant que banque aussi parce qu’ils connaissent la qualité de notre service après-vente », a-t-il ajouté. Free appréciera.

Le projet de cryptomonnaie Libra ou les annonces récentes de Google n’ébranlent pas davantage dans l’immédiat les équipes d’Orange Bank qui pensent les GAFAM handicapées par les scandales liés aux données personnelles. « La banque, c’est encore une fois une question de confiance. Ces acteurs mettent le pied dans la piscine avec prudence. Mais cela va leur prendre du temps avant de convaincre les utilisateurs », prévoit Paul de Leusse.





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