Faut-il interdire les relations amoureuses au travail ?



Régulièrement dénoncé par ses employés pour son inaction face au harcèlement sexuel, McDonald’s a limogé son PDG parce qu’il entretenait une relation consentie avec une subordonnée. Une décision qui divise, dans le contexte de l’après-#MeToo.

NONTraitons plutôt les vrais cas de harcèlement

 The Guardian, Londres

Le PDG de McDonald’s, Steve Easterbrook, a été limogé le 3 novembre après sa relation consentie avec une employée a été découverte. Quelques jours plus tôt, une parlementaire démocrate de Californie avait démissionné du Congrès après avoir été accusée d’entretenir une relation sexuelle avec une subordonnée (ce qu’elle nie) et, auparavant, avec une personne qui faisait partie de son équipe de campagne (ce qu’elle reconnaît).
Étant donné l’ampleur du phénomène du harcèlement sexuel au travail, ces deux affaires peuvent être considérées comme un signe de progrès, non ? La preuve que les entreprises et les gouvernements ont enfin décrété la tolérance zéro à l’égard des abus de pouvoir, non ?
Le problème est que dans les deux cas, il n’est pas évident de savoir si les personnes ont été forcées à avoir des relations sexuelles. Dans le sillage du mouvement #MeToo, les relations amoureuses sont de plus en plus considérées à travers le prisme du pouvoir, et le moindre “déséquilibre du pouvoir” entre les partenaires est presque systématiquement considéré comme mauvais. La façon dont on définit le pouvoir dans chaque cas est un peu floue.
Si l’un des partenaires est le superviseur direct de l’autre, la dynamique est assez claire. Mais qu’en est-il si les deux personnesz sont au même niveau hiérarchique ? Ou si l’une d’elles est à un niveau supérieur mais n’a pas d’influence directe sur le statut de l’autre ? Ou si, dans une université, un professeur d’un département a une relation avec un étudiant d’un autre département ayant dépassé l’âge du consentement sexuel ? Bref, quelle formule doit-on utiliser pour déterminer le niveau de pouvoir dans une relation donnée ?
De plus en plus d’entreprises décident de transformer les différentes nuances de gris en noir et blanc avec une politique uniforme de “non fraternisation”. Plus de 75 % d’entre elles interdisent désormais les relations amoureuses entre un employé et un supérieur hiérarchique, et d’autres carrément entre tous les employés. Et bien qu’elles avancent l’argument de la protection, se présentant comme des entités bienveillantes ayant uniquement à cœur la sécurité d’employés qu’elles disent considérer comme des membres de leur famille, on peut penser qu’elles ont plus à cœur encore de protéger leur propre responsabilité.
Dans le cas d’Easterbrook,

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