Pas de passeport européen? Qu’à cela ne tienne, achetez-en un !



Un événement privé à destination des super-riches s’est tenu à Londres cette semaine, avec pour objectif principal de vendre des passeports convoités, véritables sésames vers l’Europe, le Royaume-Uni ou encore Hong Kong et Singapour.

C’est une conférence bien particulière qui s’est tenue à Londres, dans les salons d’un hôtel cinq étoiles du 10 au 13 novembre dernier, remarque The Guardian. La treizième “Global citizenship conference” (conférence de la citoyenneté mondiale) avait principalement pour objet “d’offrir aux super-riches de la planète des ‘passeports dorés’ en contrepartie d’investissements”, rapporte le quotidien britannique, qui s’étonne de la présence de trois ministres en poste venus vendre ouvertement la citoyenneté de leur pays à un parterre d’investisseurs fortunés.

Les premiers ministres de l’Albanie et du Montenegro, ainsi que celui de l’île caribéenne de Sainte-Lucie, ou encore l’ambassadeur d’Antigua-et-Barbuda, un Etat des Antilles, et des représentants de l’île de Chypre ont ainsi proposé un passeport de leur pays en contrepartie d’investissements exonérés de taxes à partir de 100 000 euros.

Un sauf-conduit pour des affaires louches

Un véritable sésame, comme l’a fait valoir Allen Chastanet, homme d’affaires et dirigeant de Sainte-Lucie, puisque ce passeport “donne accès sans visa à 145 pays, y compris au Royaume-Uni, à l’espace Schengen de l’Union européenne, à Hong Kong et Singapour” en Asie.

Ce marchandage inquiète la nouvelle vice-présidente de la Commission européenne, Vera Jourová, souligne The Guardian, qui cite la commissaire européenne tchèque :

“Accorder la citoyenneté pose un sérieux risque car cela ouvre aux bénéficiaires tous les droits des citoyens de l’Union européenne et la liberté de circuler au sein de l’Union. L’UE ne doit pas devenir le paradis de la sécurité pour des criminels liés à des affaires de corruption et d’argent sale.”

L’ONG Tansparency International partage cette inquiétude. Un expert de l’institution spécialisée dans la lutte contre la corruption des gouvernements explique au journal que nombre de fortunes aux origines très douteuses utilisent des “passeports dorés” pour bénéficier du droit de résider dans un pays européen et en acquérir la citoyenneté. “C’est une porte grande ouverte pour ceux qui ont les poches pleines et un passif à cacher”, confie-t-il à The Guardian. Sans que pour l’instant, les autorités européennes, par exemple, aient un moyen légal pour s’y opposer.

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L’indépendance et la qualité caractérisent ce titre né en 1821, qui abrite certains des chroniqueurs les plus respectés du pays. The Guardian est le journal de référence de l’intelligentsia, des enseignants et des syndicalistes. Orienté au

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