Afrique: Pierre Jaquemot – « Il faut une politique fiscale tout à fait nouvelle »


M. Jaquemot est le président du GRET-Professionnels du développement solidaire. Il a pris part à la première plénière de la seconde journée des Medays 2019, le jeudi 15 novembre. Cette session avait pour thème : « La Zone de libre-échange continentale : marché africain ou marchés africains ». Il donne dans cet entretien qu’il a accordé à Allafrica,  les éléments qui permettront à la ZLEC de démarrer sous de bons auspices.

Harmoniser et synchroniser les organisations sous régionales

La première tâche consistera pour moi à mettre tout le monde autour de la table, en particulier les responsables des huit organisations régionales  en leur disant qu’il faudrait que l’on harmonise et que l’on synchronise ces organisations  de façon à créer un petit peu d’unité. Sachant qu’il y en a qui sont plus en avance que les autres. C’est un véritable agenda, ce n’est pas nouveau. Aujourd’hui qu’il y a eu cette décision historique de créer cette zone de libre-échange.

Penser aux pays qui sont moins favorisés

Il faut penser à ceux qui vont être moins favorisés que les autres. On a l’habitude de dire qu’une union, une intégration régionale crée des gagnants et des perdants. Il faut tout de suite penser aux perdants. Je pense aux pays enclavés, aux pays sahéliens. Par exemple, la RDC, le Centrafrique qui sont des pays pénalisés pour des raisons géographiques. Ils ont certes des ressources importantes, mais, ils bénéficieront moins que les pays côtiers qui pour toutes sortes de raisons, ont déjà acquis un niveau de développement  avec l’existence d’une classe moyenne et avec  les facilités portuaires, ils vont gagner davantage. Donc, il faut d’emblée que le futur Secrétaire général de la ZLEC pense à des mécanismes de compensation, des mécanismes de redistribution, créer un fonds de développement régional au bénéfice des pays enclavés.

Mettre de l’ordre dans les accords déjà signés

Il va falloir se mettre d’accord sur un certain nombre de points. On a une politique commerciale commune au sein de la zone Afrique mais réglera-t-on les relations que l’Afrique à nouer avec l’Europe, dans le cadre  des Accords de partenariat économiques (APE),  avec les Etats unis, avec l’Agoa, les contrats d’exclusivité avec la Chine, avec le Japon ou avec la Turquie etc. Quel type de relation faut-il rétablir. Est-ce qu’on a un tarif extérieur commun, une protection commune, et comment faire ça avec les accords partielles qu’on a passé. Il va falloir mettre de l’ordre là dans.

Engagement d’une politique favorable au financement des investissements

Il faut tout de suite engager une politique favorable au financement des investissements importants qui permettent de désenclaver, de créer des activités économiques homogènes, diffuser les biens en Afrique. Il faut trouver une base financière et il ne faut pas toujours l’attendre de l’extérieur. Il faut principalement attendre des ressources endogènes, des capacités d’investissements fondées sur l’épargne africaine. Cela suppose une politique fiscale tout à fait nouvelle.



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