Journée mondiale du diabète 2019 : « La lutte concerne chaque famille » (Léonie Lougué, ministre de la Santé)


Le Burkina Faso a commémoré, ce samedi 16 novembre 2019, dans la commune rurale de Saaba, la journée mondiale du diabète sous le thème « La famille et le diabète ». Une occasion pour les acteurs étatiques et associatifs d’appeler les populations à l’adoption d’un mode de vie sain mais aussi à une solidarité autour des patients de cette maladie qui décime en silence la population mondiale.

Il est bien loin le temps où le diabète était considéré par les populations des pays en développement comme une maladie qui ne touchait que les riches, patrons de la mal bouffe. Aujourd’hui, le mal encore très peu connu sous nos cieux n’épargne personne : hommes, femmes, vieux, enfants, riches, pauvres. Dans les centres médicaux et les hôpitaux ces dernières années, il a été notifié 3 849 cas de diabète en 2013 et 13 780 cas en 2018.

Pour les acteurs étatiques et associatifs dans le monde, la cellule familiale constitue un pilier important aussi bien dans la prévention que dans le traitement de cette maladie. D’où le choix du thème « La famille et le diabète » pour commémorer la journée mondiale du diabète, le 14 novembre dernier. Au Burkina Faso, l’événement a été vécu en différé dans la commune rurale de Saaba en présence du ministre de la Santé, Léonie Claudine Lougué.

Une vue des invités dans l’enceinte de la préfecture de Saaba qui a servi de cadre à la cérémonie

Pour une solidarité psychologique et matérielle

Le diabète est une maladie silencieuse, non transmissible, caractérisée par une élévation permanente du taux de sucre dans le sang (la glycémie). Cette maladie constitue, selon la première responsable du département de la santé, un problème de développement et de santé publique qui « impose à tous les pays du monde des coûts de moins en moins supportables aux plans humain, social, économique et sanitaire ».

Selon Léonie Claudine Lougué, le thème retenu pour les années 2018 et 2019, est interpellateur car l’encadrement du diabétique relève de sa responsabilité. « Le régime du diabétique est très fatigant et démoralisant. Il faut une famille forte, soudée pour encourager le patient. Il faut une solidarité pour le soutien psychologique et matériel car c’est une maladie qui nécessite beaucoup de ressources », a indiqué la patronne de la cérémonie pour qui chaque famille doit s’informer davantage sur les signaux d’alerte du diabète dont « la bonne compréhension, l’acceptation et l’intégration dans les habitudes sont nécessaires et indispensables pour le maintien d’un bien-être individuel, familial et social ».

Le ministre de la santé a invité les ONG et associations intervenant dans la lutte contre le diabète à poursuivre les efforts.

Synergie d’action entre le gouvernement et les associations

Pour la campagne 2019, le ministre de la Santé a indiqué que son département, en collaboration avec des ONG et associations intervenant dans la lutte contre le diabète, a planifié et mis en œuvre diverses activités d’information, de communication, de sensibilisation et de dépistage qui se poursuivront au-delà de cette journée. « L’objectif est de faire percevoir l’impact du diabète sur la famille et de promouvoir le rôle de la famille dans l’éducation des patients pour la surveillance, la gestion, l’observance des traitements et la prévention des complications liées à cette maladie », a-t-elle avancé.

Au programme de cette journée, il y avait du fitness

Selon une enquête nationale conduite par le ministère de la Santé en 2013, la prévalence globale du diabète était de 4,9 % au sein de la population de 25 à 64 ans, ce qui représente aujourd’hui environ un million de Burkinabè atteints par cette maladie. Pour les spécialistes, l’auto-surveillance, une alimentation saine, variée et équilibrée et la pratique régulière d’activités physiques peuvent permettre au patient d’avoir une qualité de vie quasi identique à celle des personnes non diabétiques.

« Le chemin est encore long »

Le président de l’ONG Santé Diabète, Sawadogo Inoussa, a salué les efforts du gouvernement qui a inscrit la lutte contre les maladies non transmissibles dans ses priorités. Il en veut pour preuves la dynamisation de la direction de la prévention et du contrôle des maladies non transmissibles, le renforcement de l’accessibilité des soins de qualité. En dépit de ces efforts, il estime que « le chemin est encore long et le fardeau des personnes diabétiques lourd ».

Inoussa Sawadogo, président de l’ONG Santé Diabète

Revenant sur les difficultés que rencontrent les patients sur le plan financier, M. Sawadogo a indiqué qu’en 2009, une étude menée au Burkina Faso rapportait des dépenses supplémentaires de prise en charge du diabétique de l’ordre de 36 516 F CFA. Et en 2016-2017, une simulation faite par l’association burkinabè d’action contre le diabète a révélé que la somme de 60 000 F CFA était nécessaire pour supporter un diabétique qui ne présente pas encore de complications. Des complications, rappelons-le, pourraient aboutir à une amputation, une insuffisance rénale, une cécité, etc.

« Chacun peut et doit faire quelque chose »

Selon la représentante du ministre en charge de la famille, Laurence Ilboudo, marraine de cette cérémonie, « chacun peut et doit faire quelque chose » contre le diabète, un ravisseur du bien-être. Elle a invité l’ensemble des acteurs de la lutte contre le diabète à poursuivre leurs efforts et à renforcer leurs actions pour informer, éduquer et susciter une prise de conscience individuelle et collective qui va se matérialiser par des changements de comportements positifs.

La représentante de la marraine a invité les acteurs à une synergie d’actions

Cette commémoration a été ponctuée par une petite séance de fitness et un dépistage gratuit. Avant de prendre son taux de glycémie, le ministre de la Santé a émis le vœu que des actions de prévention du diabète et des maladies non transmissibles soient prises en compte dans leurs futurs plans de développement communal.

En rappel, le nombre de diabétiques est passé de 285 millions en 2010 à 425 millions en 2017. Et selon les spécialistes, ce nombre pourrait atteindre 438 millions en 2030 et 629 millions en 2045 si rien n’est fait. Et selon ces prévisions, l’Afrique connaîtra la progression la plus fulgurante avec un nombre estimé de malades diabétiques qui passera de 16 millions en 2017 à 41 millions en 2045, soit presque le triple.

Herman Frédéric Bassolé

Lefaso.net





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