Congo-Brazzaville: Florent Sogni Zaou : « Les pouvoirs publics doivent se réveiller et regarder en direction de la culture et du livre »


Le troisième vice-président du bureau exécutif des Pen d’Afrique francophone, président du Pen Congo, a pris part à la vingt-septième édition de la Journée internationale de l’écrivain africain, tenue du 7 au 11 novembre à Dakar, au Sénégal, au cours de laquelle il y a eu la présentation de l’anthologie de la poésie sénégalo- congolaise. De retour au pays, l’écrivain a fait savoir, dans un entretien avec Les Dépêches de Brazzaville, que l’activité littéraire du Congo a été hautement applaudie.

Quel commentaire faites-vous sur la vingt-septième édition de la Journée internationale de l’écrivain africain?

Cette journée internationale, dont le parrain est l’écrivain dramaturge congolais, Henri Djombo, et non un Sénégalais, a été aussi l’occasion de la tenue de l’assemblée générale des Pen d’Afrique francophone organisée par le Pen sénégalais, en partenariat avec l’association des écrivains du Sénégal. La cérémonie d’ouverture de cette vingt-septième édition a été marquée par la remise des prix parmi lesquels, le prix de la fraternité de la plume décerné à trois présidents, notamment les présidents sénégalais, gambien et congolais, réceptionné par le ministre d’Etat, Henri Djombo, qui à son tour, a été aussi distingué ainsi que l’écrivain Huppert Malanda.

Des ateliers et un colloque ont été au rendez-vous. Cette édition avait pour thème « Littérature, citoyenneté et environnement », avec comme pays invité d’honneur la Gambie.

Pouvez – vous nous dire quel a été le mobile de ces assises ?

Ces retrouvailles sont des occasions pour faire le point de ce que chaque président du Pen a fait dans son pays. L’activité du Congo a été hautement applaudie, nous sommes à la troisième édition de la Rentrée littéraire du Congo (la relico) ce qui n’existait pas. Nous l’avons organisée dès que nous avons reçu mandat de redynamiser le Pen Congo qui était, comme ils l’ont dit là-bas, Pen dormant. Nous avons refait le Pen en organisant la première édition en 2017, la deuxième en 2018 et la troisième en 2019, celle-ci a donné naissance à un prix dénommé grand prix littéraire Jean-Malonga qui a été apprécié du côté du Sénégal. Nous avons aussi parlé de gourmandise poétique, le Gabon s’est inspiré de notre expérience; sa représentante m’a dit qu’ils feront, quant à eux, le barbecue poétique. La présidente du Pen Guinée s’est rapprochée aussi de moi pour apprécier notre « gourmandise ». Je crois que nous aussi allons nous en inspirer. C’est pour dire que ce que nous faisons permet à d’autres de copier et, nous allons être copiés. Le point focal des Pen en Afrique centrale, c’était le Gabon, mais c’est reparti pour le Tchad.

Quelles sont les avancées de ces rencontres ?

C’est que chaque fois que nous nous retrouvons, nous parlons du livre. L’année dernière, il y a eu la publication de l’anthologie de la poésie sénégalo- gambienne, cette année, la publication de l’anthologie de la poésie sénégalo-congolaise. Celle-ci est un recueil d’une soixantaine de poèmes comportant vingt-quatre poètes sénégalais et vingt- six poètes congolais. On est entré dans la coproduction, dans la coédition.

Ces rencontres se tiennent souvent à Dakar, pourquoi ce choix ? Et pourtant plusieurs pays africains y prennent part.

Le Sénégal s’est approprié l’événement, il est un pays de haute culture et le gouvernement sénégalais l’accompagne avec beaucoup de moyens. Lorsqu’on voit le nombre de sponsors qui mettent la main à la poche pour permettre la tenue de l’événement, on se rend compte que tout le monde vit et comprend ce que c’est la culture.

Vous avez comme ça le président de l’Assemblée sénégalaise, le vice-président de l’Assemblée, le ministre de la Culture, le ministre de l’Enseignement supérieur qui viennent animer des ateliers, à la limite plusieurs membres du gouvernement viennent discuter avec vous sur le livre. Il y a donc cette disponibilité-là et ensuite une prise en charge, c’est le Sénégal qui nous paye les billets.

D’ailleurs, le ministre d’Etat congolais, Henri Djombo, qui a vécu l’événement, a été fortement marqué par la présentation de l’anthologie, et a promis de faire autant à Brazzaville où les Sénégalais feront le déplacement. On a parlé avec le ministre sénégalais de la Culture pour préparer cette arrivée des Sénégalais à Brazzaville.

L’écrivain Alioune Badara Bèye, actuel président de l’Association des écrivains du Sénégal, a vécu le symposium littéraire international contre l’apartheid organisé en 1987 à Brazzaville. Il parle tellement du Congo qu’aujourd’hui, le rêve de la plupart des écrivains qui sont là-bas, c’est de venir à Brazzaville. Le Sénégal a vraiment fait la promotion du Congo plus que nous-mêmes.

Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Nous sommes un pays au même titre que le Sénégal, qui ne fait pas de miracle pour organiser la Journée internationale de l’écrivain africain. Nous aussi pouvons le faire, nous avons tous le même cerveau. Je demanderai aux pouvoirs publics de se réveiller, qu’ils regardent en direction de la culture et du livre. Les associations organisent des activités mais sans un accompagnement, si l’on pouvait les accompagner ce serait bien.



allafrica

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