[Tribune] Les femmes sont libres de porter un voile autant que des talons aiguilles – JeuneAfrique.com


Par
Hemley Boum

Romancière camerounaise, Grand prix littéraire d’Afrique noire


Des mannequins voilées exposées à la Foire musulmane du Bourget, près de Paris, en mars 2018 (image d'illustration).

Des mannequins voilées exposées à la Foire musulmane du Bourget, près de Paris, en mars 2018 (image d’illustration). © Christophe Ena/AP/SIPA


Lorsqu’une femme affirme que les vêtements dont elle se pare sont un choix, qu’elle se voile, se dévoile ou même se perche sur des échasses, tant qu’aucune loi n’est enfreinte, il ne devrait pas y avoir de discussion.


La question du voile, comme souvent à la veille des élections en France, défraie la chronique d’une façon disproportionnée compte tenu de tous les sujets politiques, économiques et sociaux qui secouent la société. Les autres problématiques, pourtant essentielles, sont reléguées au second plan. Les personnes hostiles au voile y voient le symbole d’une soumission insoutenable à la domination masculine, ce que j’entends.

Je me suis amusée à recenser dans ma propre garde-robe des pièces qui dénoteraient, vues sous un certain angle, de mon propre asservissement au patriarcat honni. Elles sont nombreuses mais un accessoire en particulier m’a semblé emblématique : l’escarpin, qui fait de nous des entités étranges mi-humaines mi-volailles, ne touchant terre que du bout des orteils.

Féminité assumée

L’escarpin nous viendrait des dessins fétichistes du XVIIIe siècle et représentait clairement






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