Brexit et législatives anticipées : Johnson résiste au choc du premier débat contre Corbyn



Largement en tête des sondages (à 42 %, contre 30 % pour le Labour), Boris Johnson avait tout à perdre de sa
première confrontation télévisée, mardi soir sur ITV

, face à Jeremy Corbyn. Il a non seulement résisté à ses assauts, mais s’est même offert le luxe de sortir vainqueur de ce duel.

Selon un
sondage réalisé à l’issue de l’émission par YouGov,

51 % des téléspectateurs ont trouvé le Premier ministre conservateur meilleur que son rival travailliste, dont la prestation a été préférée par seulement 49 % d’entre eux. A seulement trois semaines des législatives anticipées du 12 décembre, l’heure de débat n’a donc pas permis au chef de l’opposition travailliste d’opérer la percée dont il a besoin pour rattraper son retard. 

Cacophonie sur le Brexit

La première moitié du débat sur le Brexit, plutôt cacophonique, a vu Boris Johnson sommer au moins trois fois son adversaire de dire s’il se positionnerait pour le « Leave » ou le « Remain » à l’occasion d’un deuxième référendum sur le Brexit. En vain. Le leader travailliste s’est contenté de répéter qu’il réglerait la question du Brexit en neuf mois s’il arrivait au pouvoir, dont trois pour renégocier un accord avec Bruxelles et six pour préparer un nouveau référendum où cet accord serait soumis aux Britanniques.

Boris Johnson a, de son côté, refusé de reconnaître qu’un accord commercial pour encadrer la future relation avec l’UE était difficilement envisageable d’ici à la date butoir de décembre 2020, même lorsque la journaliste d’ITV Julie Etchingham lui demandait s’il en était suffisamment sûr pour
faire frapper, par la Monnaie royale, une pièce commémorative

. « L’idée que le Brexit puisse être réglé d’ici fin janvier est un non-sens, lui a lancé Jeremy Corbyn. Et vous devrez vous embarquer pour probablement sept ans de négociations afin de signer un accord commercial avec les Etats-Unis », a-t-il ajouté.

Corbyn convaincant sur le NHS

Comme prévu plus à l’aise sur la seconde moitié du débat, qui portait sur les questions domestiques, le leader travailliste a réussi une saillie convaincante sur l’un des dossiers les plus importants de la campagne : le financement du NHS, le sacro-saint système de santé britannique. « Une de mes amies est morte hier d’un cancer du sein, et elle n’a pu recevoir les soins rapides dont elle avait besoin dans ses derniers jours parce que les infirmières étaient débordées », a-t-il raconté, montrant toute sa détermination à régler le problème.

Accusé par Boris Johnson de préparer une alliance avec le Scottish National Party (SNP) pour prendre le pouvoir en échange d’un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, Jeremy Corbyn a souligné qu’« aucun accord » de ce type n’était en préparation, mais s’est contenté d’exclure un tel référendum « pendant les premières années d’un gouvernement travailliste ».

« Le personnage de Scrooge »

Certains spectateurs assistant au débat depuis le studio d’ITV ont ri à gorge déployée lorsque Boris Johnson a dit que « la vérité était importante dans une élection ». Des ricanements se sont aussi fait entendre au détriment de Jeremy Corbyn lorsqu’a été évoquée la clarté de sa position sur le Brexit.

« Quel cadeau mettriez-vous sous le sapin pour votre rival à Noël ? », a demandé un spectateur. « Un exemplaire du live ‘A Christmas Carol’de Charles Dickens, pour qu’il puisse comprendre à quel point le personnage de Scrooge était méchant », a plaisanté Jeremy Corbyn, qui a promis, s’il entrait à Downing Street, de mettre fin à neuf années d’austérité conservatrice. « Quel est votre leader étranger préféré ? », a demandé un téléspectateur. « Les 27 dirigeants européens réunis, car ils m’ont donné un formidable accord de Brexit », s’est à son tour amusé Boris Johnson. 



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