Comment l’Inde s’empare du Cachemire



Le gouvernement Modi a affirmé, mercredi 20 novembre, que la situation était revenue à la “normale” au Cachemire, région himalayenne coupée du monde depuis le 5 août. Le 2 novembre, il avait publié une nouvelle carte affirmant la souveraineté de l’Inde sur les parties actuellement sous administrations pakistanaise et chinoise. Pourquoi ce vaste espace est-il aussi disputé ? Quelles sont les revendications de chaque pays ? Réponses en cartes et en textes.

Le Cachemire est aujourd’hui l’un des imbroglios territoriaux les plus complexes de la planète. Mercredi 20 novembre, le ministre de l’intérieur indien, Amit Shah, a prétendu devant le Parlement, à Delhi, que la situation était “normale” sur place, “contrairement à une idée répandue”. Ces propos, rapportés par l’Indian Express, sont démentis par la population locale, qui vit pratiquement coupée du monde depuis le 5 août 2019.

Une bonne partie des téléphones portables sont toujours sans réseau et Internet reste coupé. Pour le Pakistan, cette région himalayenne a vocation à passer sous son giron, du fait de sa population majoritairement musulmane. En Inde, le Cachemire est un symbole destiné, d’après les nationalistes hindous aujourd’hui au pouvoir, à être reconquis pour former ce que ceux-ci appellent “l’Inde intégrale” (Akhand Bharat).

Pour comprendre comment on en est arrivé là, notre cartographe, Thierry Gauthé, a conçu les cartes ci-dessus, en collaboration avec Guillaume Delacroix, correspondant de Courrier nternational à Bombay.

Une région disputée depuis plus de soixante-dix ans

Tout démarre en 1947, lorsque l’Inde devient indépendante du Royaume-Uni. Les Britanniques donnent alors le choix aux multiples princes des “Indes” : rallier l’Inde ou le Pakistan, ou encore opter pour l’indépendance. Le Cachemire, dont la population est à 80 % musulmane, est dirigé par un maharajah hindou, et celui-ci refuse d’opter pour le Pakistan. Le Pakistan réagit alors en coupant les routes entre le Cachemire et l’Inde. Une action qui pousse le maharajah à appeler l’Inde à l’aide. Delhi accepte, mais à une condition : que le Cachemire lui fasse allégeance. Le maharajah obtempère. Peu après, l’armée pakistanaise investit la région. Le 1er janvier 1949, l’ONU impose finalement une ligne de cessez-le-feu qui deviendra plus tard la ligne de contrôle, en actant le principe d’un référendum d’autodétermination que l’Inde renoncera finalement à organiser. Une partie de l’ancienne principauté forme, depuis 1950, deux États de la fédération indienne : le Jammu-et-Cachemire

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Guillaume Delacroix





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