Congo-Brazzaville: Mémoire – Une stèle à Verquin en souvenir de Brazzaville


Au lendemain de la commémoration en France de l’armistice du 11 novembre 1918, en étroite collaboration avec la délégation congolaise conduite par Bienvenu Okiemy, conseiller diplomatique du chef de l’Etat, Denis Sassou N’Guesso, la ville de Verquin a dévoilé un monument dédié à la capitale de la France libre et en hommage aux combattants africains de la Seconde Guerre mondiale.

Dans le cadre des relations liant la France et la République du Congo, une stèle, fabriquée à partir du matériau en fer et découpée au laser par une entreprise béthunoise, se dresse désormais à Verquin, dans le nord de la France, depuis le 15 novembre, représentant le général de Gaulle passant en revue les troupes africaines à Brazzaville, en 1940. Le Manifeste de Brazzaville y est installé en bonne place.

Cette œuvre mémorielle, minitieusement conçue et réalisée grâce à l’excellente relation de coopération établie entre Rodolphe Adada, ambassadeur extraoridinaire et plénipotentiaire de la République du Congo en France, et Thierry Tassez, maire de Verquin, marque un tournant historique dans l’évocation de la place de Brazzaville dans l’histoire tragique de la France.

Ce premier monument dédié au sacrifice des soldats africains « commémore Brazzaville, capitale de la France libre sous de Gaulle, et le sacrifice de tous les peuples africains qui sont venus pendant la Seconde Guerre mondiale pour lutter contre le nazisme », a expliqué à la presse Thierry Tassez, maire socialiste de Verquin.

La cérémonie s’est tenue en présence de plusieurs représentants politiques, administratifs et diplomatiques. Parmi ceux-ci, Anne Chantal Ambroise, sous-préfète de Béthune, représentante de Fabien Sudry, préfet du Pas de Calais, et Marguerite Deprez-Audebert, Députée de la neuvième circonscription du Pas de Calais. « C’est l’occasion de prononcer un discours de remerciement, de fraternité et d’amitié entre les peuples », a souligné le maire de Verquin, rappelant qu’il « fallait rendre justice au continent africain, dont le rôle a parfois été injustement occulté ».

Eriger le même monument à Brazzaville

Dans son allocution, Bienvenu Okiemy est revenu sur le rôle joué par ces milliers de soldats de l’Afrique équatoriale française, partis de Brazzaville pour venir mourir dans le froid au nom de la France. « C’est un moment important parce qu’il convenait de rendre hommage aux Africains qui s’étaient engagés pour la liberté de la France. Le rappeler aux générations actuelles et futures est essentiel », a-t-il confié.

Pour Anne Chantal Ambroise, cette injustice vient d’être comblée à travers cette stèle « Brazzaville, capitale de la France libre ». Le projet, né en 2017, bien avant l’appel du président Emmanuel Macron lancé aux maires de France lors de son discours du soixante-quinzième anniversaire du débarquement de Provence, a été co-financé par le Congo à hauteur de cinq mille euros, l’association des maires du département du Pas-de-Calais pour dix mille euros et un accord de mécénat.

Rappelons que les bataillons venus d’Afrique et de l’empire colonial ont joué un rôle crucial dans la Seconde Guerre mondiale, notamment lors du débarquement en Provence, en août 1944. Des prises de parole des autorités présentes à cette cérémonie, s’est dégagé un consensus évoquant la nécessité d’ériger, dans la capitale congolaise, une stèle jumelle, parfaitement identique à celle de Verquin. Celle-ci pourrait être érigée à l’endroit-même où le général de Gaulle prononça son discours du 27 octobre 1940 sur le manifeste de Brazzaville, dans lequel il annonçait la création d’un Conseil de défense de l’empire qui voyait le Congo et l’Afrique équatoriale française se rallier à la France libre, a-t-on pu entendre.« Point d’oubli pour Brazzaville, capitale de la France libre ! », a lancé Brice Arsène Mankou, élu de la ville voisine de Lens.



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