Allemagne : la consommation, nouveau moteur de la croissance



Bridée par la guerre commerciale sino-américaine, le « made in Germany » n’est plus le premier moteur de la croissance allemande, mais le pays échappe de peu à la récession. Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,1 % au troisième trimestre 2019, après un recul de 0,2 % les trois mois précédant, a confirmé vendredi l’Office allemand de la statistique Destatis. Sur l’ensemble de l’année, l’Allemagne enregistre une croissance de 0,5 %.

Le bilan de santé de la principale économie européenne
est donc meilleur que prévu

. Surtout, il confirme une tendance de fond : la (mini) croissance est drainée par la consommation et la construction. La demande intérieure privée a progressé de 0,4 % au troisième trimestre et de 2,1 % sur une année. Le boom de la construction se poursuit, avec une progression de 1,2 % de l’activité par rapport au dernier trimestre.

Les salaires en forte hausse

A l’origine de cette très légère embellie, les rémunérations des salariés (salaires et traitements bruts plus cotisations patronales à la sécurité sociale) « ont fortement augmenté de +4,4 % », constate Destatis, alors que « l’emploi atteint un nouveau sommet depuis la réunification en 1990 » avec 45,4 millions d’Allemagne au travail soit 0,8 % de plus qu’en 2018 à la même période.

La vigueur de cette consommation privée qui progresse en continue depuis 2014 « reste une assurance anti-récession importante pour l’ensemble de l’économie », note Carsten Brzeski, économiste en chef pour l’Allemagne d’ING. La tendance à mettre selon lui sur le compte des « cadeaux » politiques via les allocations pour les enfants ou
l’augmentation des retraites

, au prix d’une relance budgétaire d’environ 0,5 % du PIB.

Revers de la médaille

Mais la médaille a son revers : le ralentissement industriel. Alors que les revenus des ménages progressaient, « les revenus des entreprises et des investissements ont baissé de 0,7 %, selon les premiers calculs provisoires ». Coincée entre les menaces commerciales, le Brexit et la
conversion « climatique » à marche forcée du secteur automobile

, la machine exportatrice allemande s’essouffle. Après un trimestre déjà faible, les exportations n’ont progressé que de 1 %.

Or, une entreprise sur trois s’attend à une détérioration de l’économie à l’avenir, indique Volker Treier, de la Chambre de commerce et d’industrie allemande (DIHK). Les exportations allemandes pourraient être en baisse en 2020 pour la première fois depuis la crise des marchés financiers en 2009, note-t-il. L’association allemande de la machine-outil, VDMA tire elle aussi l’alarme. « Pour 2019, le secteur s’attend à une baisse du chiffre d’affaires de 5 % à 14,3 milliards d’euros » après une décennie record, indique Wilfried Eberhardt, président de VDMA Robotics + Automation.

Face à ces signaux alarmistes, les représentants du patronat allemand, le BDI, et des syndicats (DGB) ont appelé l’Etat investir 450 milliards d’euros sur dix ans pour
les réseaux Télécoms défaillants

, les transports vieillissants ou l’éducation débordée.





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